Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Neuvième aspect : tu dis : « Et s’il ne dépend pas d’un facteur déterminant, l’acte est fortuit. »
Que comprends-tu exactement par « fortuit » ? Vises-tu un acte qui n’aurait aucun agent ? Ou un acte dont l’agent le détermine par son choix ? Ou bien encore une troisième acception ?
Si tu entends par là la première, il ne s’ensuit nullement, de l’absence d’un déterminant contraignant, que l’acte provienne d’un non-agent. Si tu entends la seconde, il n’en résulte pas qu’il devienne contraint. Et si tu vises une troisième acception, expose-la.

Dixième aspect : tout ce que prouve ton argument, c’est que l’acte devient nécessaire dès lors que sa cause est présente. Or tu n’as fourni aucune preuve, hormis une affirmation gratuite, pour établir que ce qui est nécessaire en ce sens échappe à toute qualification de bien ou de mal. Où donc est la démonstration qu’un acte rendu nécessaire pour cette raison ne saurait être déclaré bon ou mauvais ? Ton raisonnement ne montre qu’une chose : les actes non volontaires ne peuvent être jugés bons ou mauvais. Le point litigieux, lui, n’est pas touché par la preuve invoquée ; et ce qu’elle touche, pour peu que ses prémisses soient exactes, ne fait l’objet d’aucun désaccord. En définitive, ton argument ne prouve rien.

Onzième aspect : ta sentence : « Il s’ensuit qu’il ne peut être qualifié de bon ni de mauvais selon les deux écoles » est fausse. Tes contradicteurs n’écartent la qualification de bien ou de mal que lorsque l’acte ne relève ni de la puissance ni du choix. Quant à ce qui procède de la puissance et du choix, jamais ils ne t’accordent qu’il serait impossible de le dire bon ou mauvais.

Douzième aspect : si ton argument tenait, il en résulterait l’abolition pure et simple des prescriptions révélées et de toute responsabilité morale ; car la charge religieuse ne porte que sur les actes volontaires. Il est impensable d’imposer au trembleur de maîtriser les secousses de sa main, de sommer le fiévreux de chauffer sa propre peau, ou de réclamer au transi de répondre de son frisson (1),

(1) « Mahmûm » désigne la personne atteinte de fièvre ; « maqrûr » s’applique à celle frappée par le froid (le mot qarr, vocalisé avec fatḥa ou ḍamma sur le qāf, signifie « froid »).
الوجه التَّاسع: قولك: «وإن لم يتوقَّف على مرجِّحٍ فهو اتفاقيٌّ». ما تعني بالاتفاقيِّ؟ أتعني به ما لا فاعل له؟ أو ما فاعلُه مرجِّحٌ باختياره؟ أو معنًى ثالثًا؟ فإن عنيتَ الأوَّل لم يلزم مِنْ عدم المرجِّح المُوجِب كونَه اضطراريًّا أن يكون الفعلُ صادرًا من غير فاعل، وإن عنيتَ الثَّاني لم يلزم منه كونُه اضطراريًّا، وإن عنيتَ معنًى ثالثًا فأبدِه. الوجه العاشر: أنَّ غاية هذا الدَّليل أن يكون الفعلُ لازمًا عند وجود سببه، وأنت لم تُقِم دليلًا على أنَّ ما كان كذلك يمتنع تحسينُه وتقبيحُه سوى الدَّعوى المجرَّدة، فأين الدَّليلُ على أنَّ ما كان لازمًا بهذا الاعتبار يمتنع تحسينُه وتقبيحُه؟ ودليلُك إنما يدلُّ على أنَّ ما كان غير اختياريٍّ من الأفعال امتنع تحسينُه وتقبيحُه، فمحلُّ النِّزاع لم يتناوله الدَّليلُ المذكور، وما تناوله وصحَّت مقدماتُه فهو غيرُ متنازعٍ فيه؛ فدليلُك لم يُفِد شيئًا. الوجه الحادي عشر: أنَّ قولك: «يلزمُ أن لا يوصفَ بحُسْنٍ ولا قُبْحٍ على المذهبين» باطلٌ؛ فإنَّ منازعيك إنما يمنعون مِنْ وصفِ الفعل بالحُسْن والقُبْح إذا لم يكن متعلَّق القدرة والاختيار، أمَّا ما وجب بالقدرة والاختيار فإنهم لا يساعدونك على امتناع وصفه بالحُسْن والقُبْح أبدًا. الوجه الثَّاني عشر: أنَّ هذا الدَّليل لو صحَّ لَزِم بطلانُ الشرائع والتكليف جملةً؛ لأنَّ التكليف إنما يكونُ بالأفعال الاختيارية، إذ يستحيلُ أن يكلَّف المرتعِشُ بحركة يده، وأن يكلَّف المَحْمُومُ بتسخين جِلْده، والمَقْرورُ بقرِّه (١)،
(١) المحموم: من أصابته الحمَّى. والمقرور: من أصابه القرُّ (بفتح القاف وضمها)، وهو البرد.

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