Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

par le choix n’est nullement incompatible avec son caractère volontaire.

Sixième aspect : l’argument même que tu viens d’avancer prouve, à l’inverse, que l’acte est bel et bien volontaire ; car il ne devient obligatoire que par le choix, et ce qui est rendu obligatoire par le choix ne saurait être autre chose que volontaire ; autrement, il serait à la fois volontaire et non volontaire, ce qui réunit deux contraires. L’argument exposé constitue donc une preuve de la fausseté de ta thèse : l’acte, dès lors qu’il est rendu obligatoire par le choix, est volontaire.

Septième aspect : le fait que l’acte émane d’un agent libre, à condition (1) que son choix porte effectivement sur cet acte, n’empêche nullement qu’il relève de sa capacité ; faute de quoi, sa volonté et sa puissance ne seraient plus requises pour l’acte, ce qui est impossible. Or, dès lors que cela n’exclut pas qu’il soit dans sa capacité, l’acte est, de toute évidence, volontaire.

Huitième aspect : tu dis : « S’il ne dépend pas d’un facteur déterminant, l’acte est fortuit. » — Si, par « facteur déterminant », tu entends ce qui ôte à l’acte son caractère volontaire pour en faire un acte contraint, l’absence d’un tel facteur ne signifie pas pour autant qu’il soit fortuit ; il ne s’agit là que d’un déterminant particulier, et nier ce déterminant précis n’implique pas de nier tout déterminant (2). Qu’est-ce qui empêcherait alors que l’acte dépende d’un déterminant qui, pour autant, ne le rende ni contraint ni involontaire ?

Si, en revanche, tu entends par « facteur déterminant » une notion plus générale, le fait que l’acte en dépende n’entraîne pas non plus qu’il cesse d’être volontaire, car ce déterminant n’est autre que le choix lui-même, et ce qui est déterminé par le choix peut parfaitement demeurer volontaire.

(1) Les manuscrits T et Q portent : «shart» (condition). (2) Le manuscrit T lit : «wa la yalzamu min nafyi al-murajjih al-muʿayyan ʿalâ al-mutlaq al-murajjih», tandis que Q a : «wa la yalzamu min nafyi al-murajjih al-muʿayyan nafyu al-mutlaq al-mutarajjih». L’éditeur a suivi la leçon de Ṭ, qui correspond le mieux au contexte.
بالاختيار لا ينافي كونه اختياريًّا. الوجه السَّادس: أنَّ هذا الدَّليل الذي ذكرتَه بعينه حجَّةٌ على أنه اختياريٌّ؛ لأنه وجب بالاختيار، وما وجب بالاختيار لا يكونُ إلا اختياريًّا، وإلا كان اختياريًّا غيرَ اختياريٍّ، وهو جمعٌ بين النقيضين، والدَّليلُ المذكورُ حجَّةٌ على فساد قولك، وأنَّ الفعل والواجب بالاختيار اختياريٌّ. الوجه السَّابع: أنَّ صدور الفعل عن المختار بشرط (١) تعلُّق اختياره به لا ينافي كونه مقدورًا له، وإلا كانت إرادتُه وقدرتُه غير مشروطةٍ في الفعل، وهو محال، وإذا لم يناف ذلك كونَه مقدورًا فهو اختياريٌّ قطعًا. الوجه الثَّامن: قولك: «إن لم يتوقَّف على مرجِّحٍ فهو اتفاقيٌّ». إن عنيتَ بالمرجِّح ما يُخْرِجُ الفعلَ عن أن يكون اختياريًّا ويجعله اضطراريًّا، فلا يلزمُ من نفي هذا المرجِّح كونه اتفاقيًّا؛ إذ هذا مرجِّحٌ خاصٌّ، ولا يلزم من نفي المرجِّح المعيَّن نفيُ مطلق المرجِّح (٢)، فما المانعُ من أن يتوقَّف على مرجِّحٍ ولا يجعله اضطراريًّا غيرَ اختياريٍّ؟ وإن عنيتَ بالمرجِّح ما هو أعمُّ من ذلك لم يلزم مِنْ توقُّفه على المرجِّح الأعمِّ أن يكون غير اختياريٍّ؛ لأنَّ المرجِّح هو الاختيار، وما ترجَّح بالاختيار لم يمتنع كونُه اختياريًّا.
(١) (ت، ق): «شرط». (٢) (ت): «ولا يلزم من نفي المرجح المعين على المطلق المرجح». وفي (ق): «ولا يلزم من نفي المرجح المعين نفي المطلق المترجح». والمثبت من (ط)، وهو الذي يقتضيه السياق.

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