Troisième aspect : si l’argument précité était valide, il en résulterait l’abolition même de la notion de bonté et de laideur légales ; car l’acte du serviteur serait alors soit nécessaire, soit purement fortuit, et un acte de cette nature n’est ni déclaré bon ni déclaré blâmable par la Loi : il n’entre même pas dans le champ de l’obligation, à plus forte raison ne saurait-il servir de fondement à une qualification morale.
Quatrième aspect : il affirme : « Soit l’acte est nécessaire, soit il est simplement possible. » Nous répondons : il est nécessaire dès lors que son facteur déterminant est complet. Mais que veut-il dire par « il est nécessaire » ? Entend-il qu’il est inéluctable ? ou entend-il qu’il n’est plus volontaire ?
S’il vise la première acception, nous réfutons la conclusion : du caractère inéluctable ne découle pas qu’il soit non volontaire, et le raisonnement se ramène à : s’il est inéluctable, il est inéluctable ; rien n’en fait un acte dépourvu de choix.
S’il entend par là qu’il n’est pas volontaire, nous contestons également l’enchaînement : le fait qu’il soit inéluctable n’implique nullement qu’il échappe à la volonté ; il n’en apporte d’ailleurs aucune preuve, et cette prétention est manifestement fausse.
Cinquième aspect : on réplique qu’il est seulement possible (1).
Il soutient : « Soit la prépondérance de l’agir sur l’abstention exige un facteur déterminant, soit non. » Nous disons : elle exige bel et bien un facteur déterminant.
Il ajoute : « En présence de ce facteur, l’acte devient soit nécessaire, soit il reste possible. » Nous répondons : il est nécessaire en raison de ce facteur, tout en demeurant, considéré en lui-même, possible ; et ce facteur déterminant n’est autre que le choix. Or ce qui devient obligatoire par le choix n’est nullement incompatible avec son caractère volontaire ; par conséquent, la nécessité de l’acte