à la division suivante : soit l’acte débouche sur ce qui est nécessaire et devient alors contraint ; soit il n’aboutit pas et l’on se retrouve dans une régression à l’infini, ce qui est impossible ; soit encore il survient de façon purement fortuite, et il ne peut dès lors être qualifié ni de bon ni de blâmable (1).
Tel est l’argument qu’il brandit avec assurance : il prétend, grâce à lui, établir al-jabr (la contrainte), réfuter les Qadarites et abolir la qualification morale des actes.
Or cet argument est vicié à plusieurs égards.
Premier aspect : il assimile le mouvement nécessaire au mouvement volontaire, sans marquer la moindre distinction entre les deux. Cette assimilation est contredite de manière évidente par la raison, par l’expérience sensible et par la Révélation. Soutenir que l’acte du serviteur n’est pas volontaire revient donc à défendre une thèse dont la fausseté est immédiatement manifeste à la raison, à la perception et au texte sacré ; c’est comme vouloir démontrer la réunion des contraires ou l’existence de l’impossible, et tout ce qui s’y rattache (2).
Deuxième aspect : si l’argument était valide, il s’ensuivrait que le Seigneur, exalté soit-Il, n’exerce pas non plus de choix dans Son action. En effet, la même division et la même alternative s’appliquent à Son acte : soit il est nécessaire – et donc contraint –, soit il est simplement possible ; et s’il avait besoin d’un facteur déterminant, la division se répéterait à l’infini, sinon il serait fortuit.
Il suffit donc, pour invalider cet argument, de constater qu’il conduit à nier la volonté même du Seigneur.