Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

à la division suivante : soit l’acte débouche sur ce qui est nécessaire et devient alors contraint ; soit il n’aboutit pas et l’on se retrouve dans une régression à l’infini, ce qui est impossible ; soit encore il survient de façon purement fortuite, et il ne peut dès lors être qualifié ni de bon ni de blâmable (1).

Tel est l’argument qu’il brandit avec assurance : il prétend, grâce à lui, établir al-jabr (la contrainte), réfuter les Qadarites et abolir la qualification morale des actes.

Or cet argument est vicié à plusieurs égards.

Premier aspect : il assimile le mouvement nécessaire au mouvement volontaire, sans marquer la moindre distinction entre les deux. Cette assimilation est contredite de manière évidente par la raison, par l’expérience sensible et par la Révélation. Soutenir que l’acte du serviteur n’est pas volontaire revient donc à défendre une thèse dont la fausseté est immédiatement manifeste à la raison, à la perception et au texte sacré ; c’est comme vouloir démontrer la réunion des contraires ou l’existence de l’impossible, et tout ce qui s’y rattache (2).

Deuxième aspect : si l’argument était valide, il s’ensuivrait que le Seigneur, exalté soit-Il, n’exerce pas non plus de choix dans Son action. En effet, la même division et la même alternative s’appliquent à Son acte : soit il est nécessaire – et donc contraint –, soit il est simplement possible ; et s’il avait besoin d’un facteur déterminant, la division se répéterait à l’infini, sinon il serait fortuit.

Il suffit donc, pour invalider cet argument, de constater qu’il conduit à nier la volonté même du Seigneur.

(1) Pour cette position chez Fakhr al-Din al-Razi, voir : al-Muḥṣal, p. 202 ; al-Arbaʿin, p. 346 ; al-Maṭālib al-ʿĀliya, t. 3, p. 332 ; al-Maḥṣul, t. 1, p. 124 ; Tafsīr, t. 1, p. 185. (2) Le manuscrit T lit «al-ayah» ; D et Q offrent la même leçon mais sans précision. Nous suivons la lecture adoptée ici : «chapitre sur la réunion des contraires, l’existence de l’impossible et tout ce dont la fausseté est évidente de manière nécessaire, sensible ou légale». Cf. infra, p. 1123.
التَّقسيم، فإمَّا أن ينتهي إلى ما يكونُ لازمًا فيكون ضروريًّا، أو لا ينتهي إليه فيتسلسلُ، وهو محالٌ، أو يكون اتفاقيًّا فلا يوصفُ بحُسنٍ ولا قُبح (١). فهذا الدَّليلُ هو الذي يصولُ به ويجول، ويُثْبِتُ به الجَبْر، ويردُّ به على القَدَريَّة، وينفي به التحسينَ والتقبيح. وهو فاسدٌ من وجوهٍ متعدِّدة: أحدها: أنه يتضمَّنُ التَّسوية بين الحركة الضرورية والاختيارية، وعدم التفريق بينهما. وهو باطلٌ بالضرورة والحِسِّ والشَّرع، فالاستدلالُ على أنَّ فعلَ العبد غيرُ اختياريٍّ استدلالٌ على ما هو معلومُ البطلان ضرورةً وحِسًّا وشرعًا، فهو بمنزلة الاستدلال على الجمع بين النقيضين، وعلى وجود المحال، وبابِه (٢). الوجه الثَّاني: لو صحَّ الدَّليلُ المذكورُ لَزِم منه أن يكون الربُّ تعالى غيرَ مختارٍ في فعله؛ لأنَّ التقسيم المذكورَ والتَّرديدَ جارٍ فيه بعَيْنه بأن يقال: فعلُه تعالى إمَّا أن يكون لازمًا أو جائزًا؛ فإن كان لازمًا كان ضروريًّا، وإن كان جائزًا فإن احتاج إلى مرجِّحٍ عاد التقسيم، وإلا فهو اتفاقيٌّ. ويكفي في بطلان الدَّليل المذكور أن يستلزم كونَ الربِّ غيرَ مختار.
(١) انظر مسلك الرازي هذا في كتبه: «المحصل» (٢٠٢)، و «الأربعين» (٣٤٦)، و «المطالب العالية» (٣/ ٣٣٢)، و «المحصول» (١/ ١٢٤)، و «التفسير» (١/ ١٨٥). (٢) (ت): «الايه». وكذلك في (د، ق) إلا أنها مهملة. والصواب ما أثبت. أي: باب الجمع بين النقيضين ووجود المحال وسائر ما هو معلوم البطلان ضرورةً وحسًّا وشرعًا. وانظر ما سيأتي (ص: ١١٢٣).

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