Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Par ailleurs, des hommes d’envergure issus de leur propre école ont adressé des critiques à ces arguments : Abû ʿAbd Allâh Ibn al-Khaṭîb (1), Abû al-Ḥasan al-Âmidî (2), et le Qâḍî (3). Chacun d’eux a cependant emprunté une démarche parmi les plus viciées, et le Qâḍî n’a fait que leur emboîter le pas dans ces mêmes impasses. En définitive, ces savants se fondent sur trois méthodes corrompues, s’employant ensuite à réfuter toutes les autres et à les discréditer.

Nous allons donc exposer les voies argumentatives qu’ils ont adoptées et en démontrer la fausseté :

– Premièrement, Ibn al-Khaṭîb s’appuie sur la voie la plus répandue : l’acte du serviteur ne serait pas volontaire. Or, ce qui n’est pas un acte volontaire ne peut, d’un point de vue rationnel, être qualifié ni de bon ni de blâmable, point sur lequel les deux camps s’accordent ; en effet, les partisans de la bonté et de la laideur rationnelles reconnaissent (4) qu’un acte ne reçoit telle qualification que s’il est voulu. Comme il serait, selon lui, contraint, il ne saurait donc être décrit comme bon ou blâmable d’après l’un ou l’autre avis.

Pour établir qu’il n’est pas volontaire, il raisonne ainsi : si le serviteur est incapable d’accomplir l’acte comme de s’en abstenir, l’affaire est claire. S’il en est capable, l’acte devient simplement possible ; dès lors, la préférence pour l’accomplir plutôt que pour s’en abstenir requiert-elle un facteur déterminant ou non ? Si elle n’en requiert aucun, tout se produit au hasard, et ce qui relève du pur concours fortuit n’est qualifié ni de bon ni de blâmable. Si, au contraire, elle réclame un facteur déterminant, alors, conjointement à ce facteur, l’acte est soit nécessaire, soit simplement possible ; s’il est nécessaire, il est contraint ; s’il reste possible, on en revient

(1) Muhammad b. Umar, Fakhr al-Din al-Razi (m. 606 H). Voir : al-Siyar, 21/500 ; Lisan al-Mizan, 4/426. (2) Ali b. Abi Ali, Sayf al-Din, théologien usuli (m. 631 H). Voir : al-Siyar, 22/364 ; Lisan al-Mizan, 3/134. (3) Abu Bakr al-Baqillani. Sa notice biographique a déjà été citée. (4) Les manuscrits de base lisent « yaʿrifun » ; la leçon adoptée, tirée de l’exemplaire (T), est jugée meilleure.
واعترض عليها فضلاءُ أتباعها وأصحابها: أبو عبد الله ابن الخطيب (١)، وأبو الحسن الآمِدي (٢)، واعتمد كلٌّ منهم على مسلكٍ من أفسد المسالك، واعتمد القاضي (٣) على مسلكٍ من جنسهما في المفاسد، فاعتمد هؤلاء الفضلاءُ على ثلاث مسالك فاسدة، وتعرَّضوا لإبطال ما سواها والقَدْح فيه. ونحن نذكرُ مسالكَهم التي اعتمدوا عليها، ونبيِّن فسادَها وبطلانها: * فأمَّا ابنُ الخطيب، فاعتمد على المسلك المشهور، وهو أنَّ فعلَ العبد غيرُ اختياريٍّ، وما ليس بفعلٍ اختياريٍّ لا يكونُ حسنًا ولا قبيحًا عقلًا، بالاتفاق؛ لأنَّ القائلين بالحُسْن والقُبْح العقليَّين يعترفون (٤) بأنه إنما يكونُ كذلك إذا كان اختياريًّا، وقد ثبت أنه اضطراريٌّ، فلا يوصفُ بحُسنٍ ولا قُبحٍ على المذهبين. أمَّا بيانُ كونه غير اختياريٍّ، فلأنه إن لم يتمكَّن العبدُ من فعله وتركه فواضح؛ وإن كان متمكِّنًا من فعله وتركه كان جائزًا، فإمَّا أن يفتقر ترجيحُ الفاعليَّة على التَّاركيَّة إلى مرجِّحٍ أو لا؟ فإن لم يفتقر كان اتفاقيًّا، والاتفاقُ لا يوصفُ بالحُسن والقُبح، وإن افتَقر إلى مرجِّحٍ فهو مع مرجِّحه إمَّا [أن يكون] لازمًا وإمَّا جائزًا، فإن كان لازمًا فهو اضطراريٌّ، وإن كان جائزًا عاد
(١) محمد بن عمر، فخر الدين الرازي (ت: ٦٠٦). انظر: «السير» (٢١/ ٥٠٠)، و «لسان الميزان» (٤/ ٤٢٦). (٢) علي بن أبي علي، سيف الدين، الأصولي المتكلِّم (ت: ٦٣١). انظر: «السير» (٢٢/ ٣٦٤)، و «لسان الميزان» (٣/ ١٣٤). (٣) أبو بكر الباقلاني. تقدمت ترجمته. (٤) في الأصول: «يعرفون». والمثبت من (ط)، وهو أجود.

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