Cette affirmation ne saurait susciter le moindre doute chez quiconque possède un goût véritable pour la sharîʿa, a tété à son sein nourricier et s’est abreuvé à la limpidité de son bassin ⦗1⦘ ; plus son imprégnation est profonde, plus sa perception de ses beautés et de ses bienfaits se fait complète.
Il est impossible à un seul jurisconsulte de traiter des sources des décisions, de leurs finalités et des attributs déterminants, qu’il s’agisse de regrouper ou de distinguer ⦗2⦘, autrement que selon cette méthode. Quant à la démarche qui nie toute sagesse et toute causalité, qui rejette les qualités fondant la beauté de ce qui est prescrit et la laideur de ce qui est proscrit, ainsi que leur capacité à susciter l’amour ou l’aversion — source même de l’ordre et de l’interdiction —, pure voie dialectique et spéculative, il est inconcevable d’y bâtir des règles : nul juriste ne pourrait l’appliquer, fût-ce dans un seul chapitre de jurisprudence.
Comment en serait-il autrement, alors que le Coran et la Sunna du Messager d’Allah ﷺ regorgent d’explications où les prescriptions sont justifiées par les sagesses et les intérêts, la création elle-même étant expliquée par ces considérations, et qu’ils signalent les multiples formes de sagesse pour lesquelles ces lois ont été édictées et ces êtres créés ?
Si de telles indications ne figuraient que dans une centaine ou deux cents passages du Coran et de la Sunna, nous les aurions rapportées une à une ; or elles dépassent le millier, sous des expressions variées ⦗3⦘ :
- Tantôt apparaît le lām explicite de la causalité (li-).
- Tantôt est mentionné le complément final, c’est-à-dire l’objectif même de l’action.