Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

d’en épouser jusqu’à quatre parmi les femmes libres, et autant qu’il le souhaite parmi les captives que possède sa main droite. S’il est même incapable de cela, Il lui a autorisé le mariage avec une esclave, par miséricorde envers lui et pour alléger son fardeau, compte tenu de sa faiblesse.

C’est à ce propos qu’Allah — Très-Haut — a dit : « Et celui d’entre vous qui n’a pas les moyens d’épouser des croyantes libres et chastes, qu’il prenne parmi vos jeunes esclaves croyantes que possède votre main droite ; Allah connaît parfaitement votre foi… » jusqu’à Sa parole : « Allah veut agréer votre repentir, tandis que ceux qui suivent leurs passions souhaitent que vous vous écartiez grandement (27). Allah veut vous alléger la tâche, car l’homme a été créé faible. » (Sourate Les Femmes, 25-28). Le Très-Haut déclare ainsi qu’Il a institué ces prescriptions pour vous faciliter la vie, en raison de votre faiblesse et de votre manque de patience, par miséricorde et bienfaisance à votre égard.

Il ne s’agit donc pas ici d’une nécessité qui rendrait licite un interdit ; il est plutôt question d’un intérêt plus prépondérant qu’un autre et d’un préjudice moindre qu’un plus grave. Il a choisi pour eux la plus grande des deux utilités, même si la moindre s’en trouve manquée, et Il les a préservés de la plus grande des deux nuisances, même si la plus petite subsiste.

Telle est la manière d’agir du Sage, du Subtil, du Parfaitement Connaisseur, du Bienfaiteur.

Si tu médites sur l’ensemble des prescriptions de Sa religion qu’Il a établies pour Ses serviteurs, tu constateras qu’elles ne visent rien d’autre que la réalisation des intérêts purs ou prépondérants, dans la mesure du possible. Lorsque ces intérêts se concurrencent, le plus important et le plus noble est privilégié, même si le moindre est sacrifié (1). De même, elles tendent à écarter les corruptions pures ou prépondérantes autant que faire se peut ; et s’il faut choisir, la plus grave est écartée au prix de supporter la moindre.

C’est sur cette base que le plus Sage des juges a institué les lois de Sa religion : elles témoignent de Lui, attestent la perfection de Sa science et de Sa sagesse, ainsi que Sa douceur et Sa bienveillance envers Ses serviteurs.

(1) Les manuscrits Q et D lisent «adnahuma», lecture fautive. Dans le manuscrit T, le passage allant de «wa-hadha sha’nu al-hakim» jusqu’ici a disparu à la suite d’un saut de regard du copiste.
الحرائر، وما شاء من ملك يمينه من الإماء، فإن عجز عن ذلك أباح له نكاحَ الأمَة رحمةً به، وتخفيفًا عنه؛ لضَعْفِه. ولهذا قال تعالى: ﴿وَمَنْ لَمْ يَسْتَطِعْ مِنْكُمْ طَوْلًا أَنْ يَنْكِحَ الْمُحْصَنَاتِ الْمُؤْمِنَاتِ فَمِنْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ مِنْ فَتَيَاتِكُمُ الْمُؤْمِنَاتِ وَاللَّهُ أَعْلَمُ بِإِيمَانِكُمْ﴾ إلى قوله: ﴿وَاللَّهُ يُرِيدُ أَنْ يَتُوبَ عَلَيْكُمْ وَيُرِيدُ الَّذِينَ يَتَّبِعُونَ الشَّهَوَاتِ أَنْ تَمِيلُوا مَيْلًا عَظِيمًا (٢٧) يُرِيدُ اللَّهُ أَنْ يُخَفِّفَ عَنْكُمْ وَخُلِقَ الْإِنْسَانُ ضَعِيفًا﴾ [النساء: ٢٥ - ٢٨]؛ فأخبر سبحانه أنه شرع لهم هذه الأحكام تخفيفًا عنهم؛ لضَعْفِهم وقلَّة صبرهم؛ ورحمةً بهم وإحسانًا إليهم. فليس هاهنا ضرورةٌ تبيحُ المحظور، وإنما هي مصلحةٌ أرجحُ من مصلحة، ومفسدةٌ أقلُّ من مفسدة، فاختار لهم أعظمَ المصلحتين وإن فاتت أدناهما، ودَفَع عنهم أعظمَ المفسدتين وإن فاتت أدناهما. وهذا شأنُ الحكيم اللطيف الخبير البَرِّ المُحْسِن. فإذا تأمَّلتَ شرائعَ دينه التي وضعها بين عباده وجدتها لا تخرجُ عن تحصيل المصالح الخالصة أو الراجحة بحسب الإمكان، وإن تزاحمت قُدِّم أهمُّها وأجلُّها وإن فاتت أدناها (١)، وتعطيل المفاسد الخالصة أو الراجحة بحسب الإمكان، وإن تزاحمت عُطِّل أعظمُها فسادًا باحتمال أدناها. وعلى هذا وَضَع أحكمُ الحاكمينَ شرائعَ دينه دالَّةً عليه، شاهدةً له بكمال علمه وحكمته ولُطْفِه بعباده وإحسانه إليهم.
(١) (ق، د): «أدناهما». خطأ. وسقط من (ت) من قوله: «وهذا شأن الحكيم» إلى هنا لانتقال النظر.

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