Il en va de même pour les vêtements prohibés : lorsqu’un homme y est acculé, la contrainte fait obstacle à la corruption pour laquelle ils avaient été proscrits.
Quelqu’un objectera peut-être : « Votre principe est infirmé par l’interdiction d’épouser une esclave ; cette union a été prohibée parce qu’elle mène à l’asservissement de l’enfant, puis elle a été permise en cas de besoin impérieux – la crainte de sombrer dans la débauche – qui constitue une corruption plus grave encore que l’asservissement de la descendance. Or le préjudice demeure, mais il est contrebalancé par l’avantage de préserver la chasteté, un avantage que le Législateur juge préférable à la liberté de l’enfant. »
Nous répondons : cette objection n’annule en rien ce que nous avons établi (1). En effet, lorsqu’Allah – exalté soit-Il – a interdit le mariage avec une esclave, c’est à cause du mal qu’il comporte : la mise en servitude de la progéniture et le fait que l’esclave reste occupée au service de son maître, de sorte que son mari ne bénéficie pas auprès d’elle de la tranquillité, de l’abri ni de la permanence de la vie conjugale (2) capables de réjouir ses yeux et d’apaiser son âme. Il a néanmoins autorisé cette union lorsqu’un besoin réel se fait sentir – qu’un homme n’ait pas les moyens d’épouser une femme libre et qu’il redoute de tomber dans l’interdit – ; dans ce cas précis, l’intérêt qu’il y a à la contracter l’emporte sur les préjudices évoqués.
Il ne s’agit toutefois pas d’une situation de nécessité extrême qui rendrait licite l’illicite, car Allah ne contraint pas Son serviteur à un rapport sexuel au point que, s’il ne l’accomplissait pas, il mourrait – contrairement à la nourriture et à la boisson. C’est pourquoi l’adultère n’est jamais autorisé par nécessité, alors que la chair du porc, la bête morte ou le sang peuvent l’être. Ce qui pèse sur l’homme, c’est le désir charnel et le besoin de le satisfaire ; il lui est pénible de se retenir et de maîtriser son âme, en raison de sa faiblesse et de son peu de patience. Aussi le Plus Miséricordieux des miséricordieux lui a-t-Il fait grâce et lui a permis, parmi les femmes les plus nobles et les plus belles, d’en épouser jusqu’à quatre