Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

, l’obligation qui lui incombe est donc de se hâter d’accomplir les grandes ablutions puis la prière ; pour quelqu’un dans ce cas, c’est là le moment prescrit.

Selon cet avis correct, aucun intérêt et aucun préjudice de poids équivalent n’entrent ici en concurrence ; en effet, l’intérêt de prier en état de pureté l’emporte sur celui de la célébrer à l’heure au moyen du tayammum.

Il existe toutefois une seconde opinion, rapportée de Mâlik : il effectue le tayammum et prie dans le délai (1), car le Législateur accorde davantage d’importance à l’accomplissement de la prière à l’heure, fût-ce par le tayammum, qu’à sa réalisation hors délai avec l’ablution à l’eau. L’« absence » autorisant le tayammum s’entend, en effet, d’une absence d’eau pendant le temps de la prière, et non d’une absence absolue ; l’eau finira bien par être trouvée, tôt ou tard. Malgré cela, la Loi impose le tayammum, parce que, relativement au temps de la prière, il est considéré comme dépourvu d’eau ; il en va de même pour ce dormeur : bien qu’il ait de l’eau, il en est, par rapport à l’heure, privé.

Le tenant de cette opinion soutient donc que, du point de vue de la Loi, l’intérêt d’accomplir la prière à l’heure par le tayammum l’emporte sur celui de la retarder pour l’effectuer avec l’ablution à l’eau. Ainsi, d’après l’un comme l’autre des deux avis, les intérêts et les préjudices ne sont pas de même poids ; il s’ensuit que cette troisième catégorie n’a pas d’existence en droit islamique.

Quant à la question du navire en perdition, il n’est pas permis de jeter qui que ce soit à la mer, que ce soit par tirage au sort ou autrement ; tous bénéficient d’une égale inviolabilité, et l’on ne peut mettre à mort un innocent pour préserver la vie de celui qui l’exécuterait.

(1) Voir : al-Mudawwana, t. 1, p. 44 ; al-Nawadir wa-l-Ziyadat, t. 1, p. 110 ; al-Awsat d’Ibn al-Mundhir, t. 2, p. 30.
الشمس، والواجبُ في حقِّه المبادرةُ إلى الغُسل والصَّلاة، وهذا وقتُها في حقِّ أمثاله. وعلى هذا القول الصَّحيح فلم يتعارض هاهنا مصلحةٌ ومفسدةٌ متساويتان، بل مصلحةُ الصَّلاة بالطَّهارة أرجحُ من إيقاعها في الوقت بالتيمُّم. وفي المسألة قولٌ ثانٍ، وهو روايةٌ عن مالك: أنه يتيمَّمُ ويصلي في الوقت (١)، لأنَّ الشارع له التفاتٌ إلى إيقاع الصَّلاة في الوقت بالتيمُّم أعظمُ من التفاته إلى إيقاعها بطهارة الماء خارجَ الوقت، والعَدَمُ المبيحُ للتيمُّم هو العدمُ بالنسبة إلى وقت الصَّلاة لا مطلقًا، فإنه لا بدَّ أن يجد الماء ولو بعد حين، ومع هذا فأوجبَ عليه الشارعُ التيمُّم؛ لأنه عادمٌ للماء بالنسبة إلى وقت الصَّلاة، وهكذا هذا النَّائمُ، وإن كان واجدًا للماء لكنه عادمٌ بالنسبة إلى الوقت. وصاحبُ هذا القول يقول: مصلحةُ إيقاع الصَّلاة في الوقت بالتيمُّم أرجحُ في نظر الشارع من إيقاعها خارجَ الوقت بطهارة الماء؛ فعلى كلا القولين لم تتساوَ المصلحةُ والمفسدة؛ فثبت أنه لا وجود لهذا القسم في الشَّرع. وأمَّا مسألةُ اغتِلام البحر؛ فلا يجوزُ إلقاءُ أحدٍ منهم في البحر بالقُرعة ولا غيرها؛ لاستوائهم في العصمة وقَتْل من لا ذنبَ له وقايةً لنفس القاتل به
(١) انظر: «المدونة» (١/ ٤٤)، و «النوادر والزيادات» (١/ ١١٠)، و «الأوسط» لابن المنذر (٢/ ٣٠).

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