Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

est de craindre Allah dans la mesure du possible. Quant à la détermination concrète de ce devoir, trois opinions sont rapportées dans l’école d’Ahmad et d’autres (1) :

  1. Premier avis : l’obligation précise est d’accomplir la prière dans son temps, car celui-ci est déjà extrêmement réduit, alors que la période du ḥajj ne l’est pas ; s’il remet le pèlerinage à l’année suivante, il ne l’aura pas sorti de son délai légal, contrairement à la prière.

  2. Deuxième avis : il donne priorité au ḥajj et rattrape la prière après son temps, car manquer le pèlerinage et lui imposer (2) un nouveau voyage ou un séjour prolongé à La Mecque jusqu’à l’année suivante constitue une charge excessive que la voie monothéiste indulgente récuse. Il se consacre donc à saisir le pèlerinage et réglera la prière plus tard.

  3. Troisième avis : il rattrape la prière tout en se dirigeant vers ʿArafat, priant en chemin comme le ferait, d’un commun accord, celui qui fuit une crue, une bête féroce ou un ennemi, ou, selon l’opinion la plus solide, celui qui pourchasse un ennemi qu’il craint de voir s’échapper.

Cette dernière position est la plus cohérente et la plus proche des principes et des finalités de la sharîʿa (3) : la Loi vise en effet à réaliser les intérêts autant que possible sans en laisser perdre aucun. Lorsque tous peuvent être obtenus, on les obtient tous ; mais lorsqu’ils se concurrencent et qu’il est impossible de les réunir sans en sacrifier, on fait passer au premier plan ce qui est le plus parfait, le plus important et le plus instamment voulu par le Législateur.

ʿAbd Allâh ibn Unays a rapporté : « Le Messager d’Allah ﷺ m’a envoyé auprès de Khâlid ibn Sufyân…»

(1) Voir : al-Majmuʿ, t. 2, p. 12 ; Mughni al-Muhtaj, t. 1, p. 305 ; al-Insaf, t. 2, p. 245. (2) Var. (T) : « wa-takallufihi » (« et la gêne qu’il s’impose »). (3) Voir : Qawaʿid al-Ahkam, t. 1, p. 98.
حقِّه تقوى الله بحسب الإمكان، وقد اختُلِف في تعيين ذلك الواجب على ثلاثة أقوالٍ في مذهب أحمد وغيره (١): أحدها: أنَّ الواجبَ في حقِّه معيَّنًا إيقاعُ الصَّلاة في وقتها؛ فإنها قد تضيَّقت، والحجُّ لم يتضيَّق وقتُه، فإنه إذا فعله في العام القابل لم يكن قد أخرجه عن وقته، بخلاف الصَّلاة. والقول الثَّاني: أنه يقدِّمُ الحجَّ ويقضي الصَّلاة بعد الوقت؛ لأنَّ مشقَّة فواته وتكليفه (٢) إنشاء سفرٍ آخر أو إقامةً في مكَّة إلى قابلٍ ضررٌ عظيمٌ تأباه الحنيفيةُ السَّمحة، فيشتغلُ بإدراكه ويقضي الصَّلاة بعد الوقت. والثَّالث: يقضي الصَّلاة وهو سائرٌ إلى عَرَفة، فيكونُ في طريقه مصلِّيًا كما يصلي الهاربُ من سيلٍ أو سَبُعٍ أو عدوٍّ اتفاقًا، أو الطَّالبُ لعدوٍّ يخشى فواته على أصحِّ القولين. وهذا أقيسُ الأقوال وأقربها إلى قواعد الشرع ومقاصده (٣)؛ فإنَّ الشريعة مبناها على تحصيل المصالح بحسب الإمكان، وأن لا يفُوتَ منها شيء، فإن أمكن تحصيلُها كلِّها حصِّلت، وإن تزاحمت ولم يمكن تحصيلُ بعضها إلا بتفويت البعض قُدِّم أكملُها وأهمُّها وأشدُّها طلبًا للشارع. وقد قال عبد الله بن أُنيس: بعثني رسولُ الله ﷺ إلى خالد بن سفيان
(١) انظر: «المجموع» (٢/ ١٢)، و «مغني المحتاج» (١/ ٣٠٥)، و «الإنصاف» (٢/ ٢٤٥). (٢) (ت): «وتكلفه». (٣) انظر: «قواعد الأحكام» (١/ ٩٨).

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