Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

De même, si un homme se réveille avant le lever du soleil alors qu’il se trouve en état d’impureté majeure et qu’il ne reste plus de temps que pour la grande ablution ou pour accomplir la prière au moyen du tayammum (ablution sèche) : s’il effectue la grande ablution, il perd l’avantage de prier dans le délai prescrit ; s’il prie en recourant au tayammum, il perd l’avantage de la purification rituelle. Intérêt et préjudice se font donc exactement face.

Il en va de même lorsque la mer se déchaîne (1) et que les passagers du navire (2) savent qu’ils ne pourront se sauver qu’en précipitant la moitié d’entre eux afin d’alléger l’embarcation : jeter cette moitié constitue un préjudice, les maintenir à bord en est un autre. Ici encore, les deux préjudices comme les deux intérêts s’équilibrent parfaitement.

De même encore, si l’on force un homme à détériorer un dirham sur deux de valeur égale, à détruire un animal sur deux équivalents, ou à boire un gobelet sur deux identiques ; s’il se retrouve face à deux incroyants robustes lors d’un duel et ne peut en abattre qu’un seul ; ou si deux ennemis d’une parfaite égalité sous tous rapports – proximité, éloignement, nombre et hostilité (3) – se dirigent contre les musulmans.

Dans toutes ces situations, intérêts et préjudices se valent, et vous ne pouvez faire prévaloir l’un des deux intérêts ni écarter l’une des deux nuisances, tout en sachant que pareilles occurrences ne sauraient être dépourvues d’un jugement divin.

Quant à votre affirmation selon laquelle il serait impossible que l’intérêt et le préjudice se retrouvent exactement à parts égales, comment

(1) C’est-à-dire : ses vagues se sont soulevées et agitées ; cf. Al-Muʿjam al-Wasit, entrée ghlm. (2) Le manuscrit T lit « les passagers du navire » aux deux occurrences ; la leçon retenue provient des manuscrits D et Q ainsi que de Qawaʿid al-ahkam. (3) Izz ibn ʿAbd as-Salam, Qawaʿid al-ahkam, vol. 1, p. 98, 133-135, 138.
وكذلك الرجلُ إذا استيقظ قبل طلوع الشمس وهو جُنُبٌ ولم يبق من الوقت إلا ما يسعُ لقَدْر الغُسل أو الصَّلاة بالتيمُّم؛ فإن اغتسل فاتته مصلحةُ الصَّلاة في الوقت، وإن صلى بالتيمُّم فاتته مصلحةُ الطَّهارة. فقد تقابلت المصلحةُ والمفسدة. وكذلك إذا اغتَلَمَ البحرُ (١) بحيث يعلمُ رُكبان السَّفينة (٢) أنهم لا يخلُصون إلا بتغريق شطر الرُّكبان لتَخِفَّ بهم السَّفينة؛ فإن ألقَوا شطرَهم كان فيه مفسدة، وإن تركوهم كان فيه مفسدة. فقد تقابلت المفسدتان والمصلحتان على السَّواء. وكذلك لو أُكرِه رجلٌ على إفساد درهمٍ من درهمين متساويين، أو إتلاف حيوانٍ من حيوانين متساويين، أو شُرب قدَحٍ من قَدَحين متساويين، أو وَجَد كافرين قويَّين في حال المبارزة لا يمكنُه إلا قتلُ أحدهما، أو قَصَد المسلمين عدوَّان متكافئان من كلِّ وجهٍ في القُرب والبُعد والعَدَد والعداوة (٣). فإنه في هذه الصُّور كلِّها تساوت المصالحُ والمفاسد، ولا يمكنكم ترجيحُ أحدٍ من المصلحتين ولا أحدٍ من المفسدتين، ومعلومٌ أنَّ هذه حوادثُ لا تخلو من حكمٍ لله فيها. وأمَّا ما ذكرتم من امتناع تقابل المصلحة والمفسدة على السَّواء، فكيف
(١) أي: هاج واضطربت أمواجُه. «المعجم الوسيط» (غلم). (٢) (ت): «ركاب السفينة»، في الموضعين. والمثبت من (د، ق) و «قواعد الأحكام». (٣) «قواعد الأحكام» للعز بن عبد السلام (١/ ٩٨، ١٣٣ - ١٣٥، ١٣٨).

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