De même, si un homme se réveille avant le lever du soleil alors qu’il se trouve en état d’impureté majeure et qu’il ne reste plus de temps que pour la grande ablution ou pour accomplir la prière au moyen du tayammum (ablution sèche) : s’il effectue la grande ablution, il perd l’avantage de prier dans le délai prescrit ; s’il prie en recourant au tayammum, il perd l’avantage de la purification rituelle. Intérêt et préjudice se font donc exactement face.
Il en va de même lorsque la mer se déchaîne (1) et que les passagers du navire (2) savent qu’ils ne pourront se sauver qu’en précipitant la moitié d’entre eux afin d’alléger l’embarcation : jeter cette moitié constitue un préjudice, les maintenir à bord en est un autre. Ici encore, les deux préjudices comme les deux intérêts s’équilibrent parfaitement.
De même encore, si l’on force un homme à détériorer un dirham sur deux de valeur égale, à détruire un animal sur deux équivalents, ou à boire un gobelet sur deux identiques ; s’il se retrouve face à deux incroyants robustes lors d’un duel et ne peut en abattre qu’un seul ; ou si deux ennemis d’une parfaite égalité sous tous rapports – proximité, éloignement, nombre et hostilité (3) – se dirigent contre les musulmans.
Dans toutes ces situations, intérêts et préjudices se valent, et vous ne pouvez faire prévaloir l’un des deux intérêts ni écarter l’une des deux nuisances, tout en sachant que pareilles occurrences ne sauraient être dépourvues d’un jugement divin.
Quant à votre affirmation selon laquelle il serait impossible que l’intérêt et le préjudice se retrouvent exactement à parts égales, comment