et il est donc juste qu’une balance dans laquelle on ne place que le faux demeure légère.
Quant à ceux-là, leurs œuvres seront pesées les unes par rapport aux autres selon la part de bien ou de mal qu’elles comportent : étaient-elles vouées exclusivement à Allah ou non ? étaient-elles conformes à Son ordre ou non ? Elles seront donc pesées de manière à faire apparaître leur nature, leur quantité et leur qualité ; contiennent-elles une part de vérité qui vaille à leur auteur une récompense, ou non ? C’est comme l’homme auquel on réclame des créances ; on lui dit : « Apporte ce que tu as préparé, que nous le pesions et en évaluions la valeur », et chaque fois qu’il présente quelque chose, il s’avère défectueux, au point qu’il ne reste plus rien qui puisse être compté à son actif.
C’est pourquoi certains savants ont affirmé que les mécréants ne seront pas soumis à un règlement de comptes détaillé ; autrement dit, ils ne connaîtront pas un jugement où leurs bonnes actions seraient mises face à leurs mauvaises. Ils seront plutôt comptables en ce sens que leurs actes seront simplement recensés et dénombrés ; or, chaque fois que l’un de ces actes sera déposé sur la balance, celle-ci s’allégera. Cette balance n’a en effet aucun équivalent parmi les balances d’ici-bas : aucune de nos balances ne devient plus légère par ce que l’on y dépose, quels que soient les corps concernés.
De là la parole de ceux qui ont dit : les balances désignent l’équité. Ainsi, au sujet de la Parole du Très-Haut : « Et la pesée, ce jour-là, sera équitable », Mujâhid a commenté : « le jugement, ce jour-là, sera l’équité ». D’autres ont dit : « Toute chose possède une balance qui l’évalue (1) ; ainsi, les moments ont leurs balances, les superficies ont leurs balances, et les denrées mesurées au moyen d’un récipient ont leurs balances. »