Et le fait que la Balance soit qualifiée, de façon absolue, de lourde ou de légère, sans que la lourdeur soit expressément attribuée aux bonnes actions ni que la prépondérance de ce qui est pesé sur un autre soit mentionnée, prouve que les bonnes actions possèdent un poids, tandis que les mauvaises actions n’en ont aucun. Ainsi, lorsqu’on ne dépose dans la Balance que des mauvaises actions, elles ne pèsent rien et restent d’une légèreté absolue ; la lourdeur n’apparaît que lorsqu’elles sont accompagnées de bonnes actions. Les bonnes actions sont une lumière incarnée, alors que les mauvaises actions sont une obscurité.
C’est pourquoi al-Ṣiddîq a dit :
« Il est juste qu’une balance dans laquelle seul le faux est déposé soit légère. »
Ainsi, le mécréant qui ne possède que des mauvaises actions verra sa Balance légère d’une légèreté absolue ; tandis que le musulman qui réunit bonnes et mauvaises actions, mais dont les mauvaises actions prédominent, verra sa Balance s’alléger en raison de cet excédent de mauvaises actions ; c’est celui-là qui sera châtié, puis quittera le Feu.
La Balance est tantôt décrite par la lourdeur et la légèreté, tantôt par la prépondérance de l’un de ses deux plateaux sur l’autre ; cette prépondérance ne se manifeste que lorsque les deux contenus opposés possèdent un poids et que l’un d’eux se distingue par un poids supplémentaire, comme dans le cas des objets pesés sur une balance à deux plateaux : chacun des deux plateaux contient quelque chose qui a du poids, de sorte qu’ils s’équilibrent ou que l’un l’emporte sur l’autre.
Il en est ainsi dans le ḥadith :
« Je me vis comme placé dans un plateau et la communauté dans l’autre, et je l’emportai sur la communauté ; puis Abou Bakr fut placé dans un plateau et la communauté dans l’autre, et Abou… »