À l’inverse, si l’on envisage des mauvaises actions pures, sans aucune bonne œuvre pour leur faire contrepoids, celles-ci atteignent l’extrême légèreté.
Abou Bakr al-Ṣiddîq, dans son testament adressé à ʿUmar – qu’Allâh les agrée –, déclara :
« Sache que ceux dont les balances seront lourdes, au Jour de la Résurrection, ne le devront qu’à leur attachement à la vérité et à la pesanteur que celle-ci représentait pour eux ; or il est juste qu’une balance dans laquelle la vérité sera déposée demain soit lourde. Quant à ceux dont les balances seront légères, cela proviendra de leur suivie du faux et de la facilité avec laquelle ils l’ont adopté ; or il est juste qu’une balance dans laquelle le faux sera déposé soit légère. » (1)
La pesée s’effectue de deux manières :
- La première consiste à placer, en regard des bonnes et des mauvaises actions, ce qui en manifeste le poids et la légèreté – comme on pèse des biens matériels – ; l’on examine ensuite les valeurs de ce qui est pesé, leur équivalence ou leur différence.
- La seconde consiste à peser les unes par les autres, comme l’on pèse les dirhams de Zayd par ceux de ʿAmr ; lorsque l’un est échangé contre l’autre à valeur égale. C’est cette forme de pesée qu’indique le ḥadith de la « carte » : « On placera la carte dans un plateau et les registres dans l’autre ; la carte s’alourdira et les registres s’envoleront. » (2)