sans que le premier fils d’Adam n’en porte une part de son sang » (1), car c’est lui qui inaugura le meurtre.
Ainsi, le péché résultant de l’assassinat de l’opprimé est d’une gravité extrême ; jamais la victime n’avait sur elle de fautes équivalentes. Dès lors, le meurtrier se voit chargé des péchés qui incombaient au tué, en plus des siens propres ; un tel criminel ne laisse donc aucun péché à la victime injustement tuée. De même, si ce meurtrier possédait des œuvres méritoires, la victime spoliée en prélèverait son dû, car, s’il est mécréant, il ne possède aucune bonne action.
Les savants ont divergé au sujet du meurtrier, Qâbîl : fut-il mécréant ou simplement pervers sans être mécréant ? Deux avis sont rapportés.
Le Très-Haut a dit :
« Puis il devint… »
Ibn ʿAbbâs commente : « Parmi les perdants, ici-bas et dans l’Au-delà. Sa perte d’ici-bas consiste à avoir irrité ses parents et à être demeuré sans frère ; sa perte dans l’Au-delà réside dans le fait d’avoir courroucé son Seigneur et d’être destiné au Feu. »
Az-Zajjâj affirme : « Il devint dépourvu de bonnes actions. »
Abû Yaʿlâ dit : « Il appartient à ceux qui se sont perdus eux-mêmes en les anéantissant ; est vraiment perdant celui qui a perdu ce qu’il possédait. » Cela atteste la disparition de ses bonnes œuvres, soit par la mécréance, soit par la mise à exécution du talion (2).