Il les a donc comptés parmi les élus (al-muṣṭafayn), bien qu’ils se soient fait du tort à eux-mêmes ; car si le péché annulait totalement la foi, il n’y aurait pas, parmi eux, d’injuste envers lui-même ; il s’agirait alors d’un autre groupe, celui des mécréants. Les Muʿtazilites, quant à eux, prétendent être les partisans de la justice ; mais quel sens y a-t-il à ce qu’une seule mauvaise action rende vaines de nombreuses bonnes œuvres qui la surpassent en rang et en mérite ?
Il est, en outre, authentiquement établi dans les Ṣaḥîḥ le ḥadith rapporté par Abû Dharr : « … même s’il commet l’adultère et même s’il vole » (1). Si l’adultère et le vol avaient constitué une mécréance annulant toute la foi, l’énoncé aurait été : « … même s’il mécrée » (2).
Ainsi, si les mauvaises actions (3) n’annulent pas l’ensemble des bonnes œuvres, les annulent-elles à proportion (des bonnes œuvres) (4) ? Et un péché, autre que la mécréance, fait-il disparaître certaines bonnes actions ?
À ce sujet, les tenants de la Sunna émettent deux opinions :
– certains nient toute forme d’annulation, affirmant : « Il n’y a pas d’annulation, ni totale ni partielle » (5) ;
– d’autres l’admettent (de manière partielle) (6), comme l’indiquent