Chapitre du tayammum
74 – Obligation, pour celui qui est dépourvu d’eau, d’accepter qu’on lui en prête – ou qu’on lui avance son prix :
Ibn Mufliḥ a dit : « Il lui incombe d’accepter qu’on lui prête l’eau, de même que le prix nécessaire pour s’en procurer, à condition qu’il dispose de quoi rembourser. Tel est également l’avis de notre maître. » [Al-Furûʿ : 1/213 (1/280)] (1).
75 – Prise en compte de l’ordre des actes lorsque le blessé combine tayammum et ablution :
Ibn Mufliḥ a dit : « S’agissant d’une simple impureté mineure, est-il tenu d’observer l’ordre canonique (tartîb) et la continuité (muwâlât), ou non, de sorte qu’il ne répéterait pas le lavage des membres sains tant qu’il n’est pas à nouveau en état d’impureté ? Deux avis sont rapportés. Notre maître a dit : “Il ne devrait pas avoir à respecter l’ordre.” » [Al-Furûʿ : 1/217 (1/287)] (2).
76 – Lorsqu’il n’existe aucune crainte à essuyer la plaie :
Ibn al-Qayyim a dit : « On l’interrogea (3) au sujet d’une blessure que porte une personne et dont elle craint les conséquences… »
(1) Al-Ikhtiyārāt d’al-Ba‘lī (p. 34) ; voir aussi Sharḥ al-‘Umdat, vol. 1, p. 432.
(2) Dans sa ḥāshiya (annotation) sur al-Furūʿ, Ibn Qundus s’interroge : « Faut-il effectuer le tayammum du membre sitôt son lavage et de la tête sitôt son essuyage, en respectant l’ordre (tarṭīb) et la continuité (mawāla), c’est-à-dire sans retarder l’opération du membre jusqu’à séchage de ce qui précède ? Ou bien ni l’ordre ni la continuité ne sont-ils obligatoires ? » Il en conclut qu’il est permis de retarder le tayammum par rapport au lavage du membre et à l’essuyage de la tête. De même, si l’on fait le tayammum puis que le temps imparti s’écoule et rend le tayammum caduque, on renouvelle le tayammum sans que l’ablution ne soit annulée, dès lors qu’on admet que ni le tarṭīb ni la mawāla ne sont requis. Tel est le sens de sa phrase : « On ne refait pas le lavage de ce qui est valide tant qu’il n’a pas été annulé », c’est-à-dire que le renouvellement du tayammum suffit et ne remet pas en cause le lavage valide ; on n’a pas à le recommencer puisqu’il n’a pas été invalidé. Et Dieu sait.
(3) Dans la 1ʳᵉ édition : « Pas d’ordre ».
(4) Al-Fatāwā, vol. 21, pp. 426, 466–467 ; Al-Ikhtiyārāt d’al-Ba‘lī (p. 36).
(5) C’est-à-dire l’imam Aḥmad.