Parmi ces arguments, il y a aussi ceci : le document affirme que la jizya aurait été levée à leur égard, or la jizya n’avait pas encore été révélée et les Compagnons n’en avaient alors aucune connaissance ; elle ne fut instituée qu’au cours de l’expédition de Tabûk, soit trois années après Khaybar.
Autre indice : il y est dit également qu’il les aurait exemptés des kulaf (charges arbitraires) et de la sukhr (corvées), ce qui est impossible ; à son époque, de telles charges ou corvées n’étaient imposées ni à eux ni à quiconque. Allah l’a préservé, lui et ses Compagnons, d’exiger de telles exactions ; ces pratiques furent instaurées plus tard par des rois injustes et se sont depuis perpétuées.
Troisième preuve : aucun savant, toutes disciplines confondues, n’a jamais mentionné ce document. Ni les auteurs des expéditions et biographies, ni les spécialistes du hadith et de la sunna, ni les jurisconsultes et muftis, ni les exégètes n’en ont parlé, pas davantage qu’ils ne l’ont produit à l’époque des premières générations. Ils savaient que, s’ils forgeaient un tel écrit, son mensonge serait aussitôt décelé. Plus tard, quand certains États furent abusés en temps de troubles et que la sunna s’obscurcissait, des faussaires mirent ce texte au point, le firent vieillir, puis le diffusèrent, aidés en cela par l’appât du gain de quelques traîtres envers Allah et Son Messager ﷺ. Cela ne dura pas : Allah fit éclater la vérité et les successeurs des messagers démontrèrent la fausseté et l’inauthenticité de ce document. [Zâd al-Maʿâd 3/152-153]
– Ibn Muflih rapporte : « Notre Shaykh, dans sa “Réfutation du râfidî”, a choisi l’avis selon lequel la jizya doit être prélevée sur tout le monde, et qu’il ne subsista plus aucun polythéiste arabe après la révélation de la jizya : tous avaient embrassé l’islam.
Et il a écrit dans “Al-Iʿtiṣâm bil-Kitâb was-Sunnah” : quiconque la prélève indistinctement sur tous, ou qui met les zoroastriens au même rang que les Gens du Livre, contredit le sens évident du Livre et de la sunna ; en effet, Allah – Très-haut – a ordonné, dans plusieurs versets, le combat des polythéistes sans dire : « jusqu’à ce qu’ils s’acquittent de la jizya », et le hadith de Burayda… »