Gharbandâ mourut, si bien que le projet fut entièrement réduit à néant ; Khamiṣa revint bredouille et humilié, accompagné d’un émir tatar parmi les plus éminents râfidites, nommé al-Dalqandî. Celui-ci avait réuni pour Khamiṣa de fortes sommes d’argent destinées à implanter le râfidisme au Ḥijâz. L’émir Muḥammad b. ʿĪsâ, frère de Muhannâ – présent lui aussi dans les territoires tatars, à la tête d’un groupe d’Arabes – les surprit, les vainquit, ainsi que leurs compagnons, et s’empara des biens qu’ils transportaient. Les hommes se rassemblèrent et la nouvelle parvint au pouvoir islamique ; le roi al-Nāṣir et les dignitaires de son État s’en réjouirent, et cet exploit effaça sa faute à leurs yeux. Le sultan le fit alors venir à sa cour ; il se présenta, docile et obéissant. Le vice-roi du Shâm l’honora, et lorsqu’il fut introduit auprès du sultan, celui-ci l’honora également.
Par la suite, il consulta le shaykh Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya ; de même, le sultan l’interrogea au sujet des biens saisis sur al-Dalqandî. Le shaykh rendit un avis juridique stipulant que ces fonds devaient être affectés aux intérêts publics profitant à l’ensemble des musulmans, car ils avaient été constitués pour s’opposer à la vérité et pour soutenir les gens de l’innovation contre la sunna. [Al-Bidāya wa-n-Nihāya 14/88-89]