Livre du jihâd
1248 – Le jihâd par les biens pour celui qui en est incapable par son corps
– Ibn Mufliḥ déclare : « Il s’agit d’un devoir collectif (farḍ kifâya) qui incombe à tout homme libre et légalement responsable ; en effet, le farḍ kifâya ne concerne pas l’esclave, même si son maître l’y autorise (1). Il doit en outre être sain de corps (2) – fût-il borgne –, posséder des ressources et, comme le précise al-Muḥarrar, même si ces ressources lui viennent de l’imâm. Il veillera cependant à laisser, pour lui-même et pour les siens, de quoi subvenir à leurs besoins durant son absence, ainsi que le nécessaire pour parcourir, en monture, une distance permettant le raccourcissement de la prière. D’après une autre opinion rapportée de lui, la dépense devient obligatoire, sur ses biens, pour celui qui ne peut combattre physiquement ; c’est l’avis retenu par al-Âjurrî et par notre shaykh, par analogie avec le ḥajj imposé au malade grabataire (3), et a fortiori. » ⦗al-Furûʿ 6/189 (10/225)⦘ (4).
1249 – Les catégories de jihâd
– Ibn al-Qayyim rapporte : « J’ai entendu notre shaykh dire : Le jihâd contre la nafs (l’âme) et les passions constitue la racine du jihâd contre les mécréants et les hypocrites, car on est incapable de les combattre tant que l’on n’a pas d’abord lutté contre son propre égo et ses passions, avant de sortir à leur rencontre. » ⦗Rawḍat al-muḥibbîn 475-476⦘.
– Ibn Mufliḥ ajoute : « Notre shaykh a énuméré les formes de jihâd : par le cœur, par la prédication, par l’argument et l’exposé, par le conseil et la stratégie, et par le corps. Chacun y est donc tenu dans la mesure de ses capacités ; et la guerre est ruse :»