et il ne s’agit pas d’un préjudice que l’on puisse réparer par une compensation équivalente, comme cela se fait pour le sang versé ou les biens matériels ; il appartient plutôt à la catégorie de la diffamation (qadhf), dont la sanction n’est pas de même nature que l’atteinte. Ainsi, le repentir de celui-ci est assimilé à celui du calomniateur ; son recours à l’allusion à celui de ce dernier, et le serment qu’il prêterait sur la base de cette allusion est traité comme son serment.
En revanche, s’il a commis une injustice concernant la vie ou les biens d’autrui, il doit impérativement restituer le droit, car celui-ci admet un équivalent. Imâm Ahmad (qu’Allah lui fasse miséricorde) a d’ailleurs explicitement distingué le repentir du meurtrier de celui du calomniateur.
Ce chapitre — et d’autres qui lui ressemblent — renferme un immense soulagement et dissipe les angoisses que laissent dans les âmes les péchés et les injustices. En vérité, le jurisconsulte, le véritable jurisconsulte, est celui qui ne fait pas désespérer les gens de la miséricorde d’Allah — exalté soit-Il — sans pour autant les encourager à désobéir à Allah.
Or, toutes les âmes commettent nécessairement des fautes ; enseigner aux hommes ce qui les délivre de leurs péchés — le repentir et les bonnes œuvres expiatoires, telles que les kaffârât et les peines légales — compte parmi les plus grands bienfaits de la sharîʿa. Fin de citation. ⦗Al-Âdâb al-sharʿiyya 1/97-98⦘ (1).