1174 – La sagesse qui préside à l’instauration des sanctions :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Et notre shaykh, poursuivant ses propos à la fin du chapitre de la conciliation (1), a déclaré : L’homme doit viser avant tout l’utilité des créatures et la bienfaisance à leur égard. Telle est la miséricorde avec laquelle Muhammad ﷺ a été envoyé, selon la parole du Très-Haut : « Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour les mondes » (s. al-Anbiyâʾ, v. 107). Néanmoins, du fait de la nécessité (2) de repousser l’injustice, les sanctions ont été instaurées ; celui qui les applique doit donc rechercher par elles le bien et l’utilité, tout comme le père corrige son enfant ou le médecin soigne son patient. Jamais la Loi révélée n’ordonne autre chose que ce qui est profitable aux serviteurs, et le croyant doit viser cet objectif. » [al-Furūʿ 6/56 (10/34)] (3).
1175 – Cumul de plusieurs ḥadd :
– Ibn Mufliḥ expose : « Lorsque plusieurs peines légales d’Allah – Exalté soit-Il – se réunissent, si l’une d’elles comporte la mise à mort, seule celle-ci est exécutée. Il est dit dans al-Mughnî : aucune autre peine n’est alors prescrite. Dans le cas contraire, les peines du même genre se chevauchent, si bien qu’une seule sanction est appliquée. Aḥmad a affirmé : on exécute la peine une seule fois, non plusieurs genres (4). Ibn ʿAqîl rapporte toutefois une version selon laquelle il n’y a pas de chevauchement pour le vol. Dans al-Bulgha, l’avis le plus correct est qu’il n’y aura qu’une seule amputation. Dans al-Mustawʿab, on trouve une version stipulant que, si les parties lésées réclament séparément, une amputation est infligée pour chacune ; Abû Bakr commente : il s’agit de la version de Ṣāliḥ, mais la pratique ne la suit pas.