Chapitre du pardon dans la peine de talion
1163 – Les catégories de justice :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre shaykh a dit : la justice se divise en deux catégories.
La première est l’objectif ultime : c’est la justice entre les gens.
La seconde est celle où l’excellence (iḥsân) l’emporte : il s’agit de la justice qu’un individu exerce entre lui-même et son adversaire en matière de sang, de biens et d’honneur. Exiger son droit constitue une justice ; pardonner relève de l’excellence, et ici l’excellence est préférable. Cependant, elle ne devient excellence qu’après l’établissement de la justice, c’est-à-dire à condition que le pardon ne provoque aucun préjudice. Si le pardon entraîne un tort, il devient une injustice de la part de celui qui pardonne, soit à son propre détriment, soit à celui d’autrui ; un tel pardon n’est donc pas légiféré. » ⦗Al-Furūʿ 5/668 (9/410)⦘ (1).
1164 – Le pardon dans l’homicide commis par traîtrise (ghīla) :
– Ibn al-Qayyim dit : « … Le meurtre par traîtrise entraîne la mise à mort du meurtrier à titre de ḥadd ; le pardon ne l’annule pas et l’égalité de statut n’y est pas requise. Tel est l’avis des gens de Médine et l’un des deux avis rapportés de l’imâm Aḥmad ; c’est celui que notre shaykh a retenu et pour lequel il a émis une fatwâ. » ⦗Zād al-Maʿâd 4/49⦘.
– Il ajoute : « Dans le cas d’un meurtre par traîtrise, l’autorisation du walî (ayant droit) n’est pas exigée, car le Messager d’Allah ﷺ ne laissa pas l’affaire aux familles de la victime et ne leur dit pas : “Si vous le voulez, tuez-le, et si vous le voulez, pardonnez-lui.” Il ordonna son exécution de façon impérative. Telle est la position de Mâlik et le choix de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. » ⦗Zād al-Maʿâd 5/9⦘.