Al-Athram rapporte : « J’ai demandé à Aḥmad : “Qu’en est-il du ḥadith de Rukâna portant sur al-batta ?” — Il l’a déclaré faible. » ⦗Iʿlâm al-muwaqqiʿîn, 3/32-33⦘ (1).
— Il a encore dit : « Notre Shaykh — qu’Allah lui fasse miséricorde — a affirmé : “Les grands imâms versés dans l’examen des défectuosités des ḥadiths — tels que l’Imâm Aḥmad, al-Bukhârî, Abû ʿUbayd et d’autres — ont jugé faible le ḥadith de Rukâna concernant al-batta ; il en va de même pour Abû Muḥammad Ibn Ḥazm. Ils ont précisé que ses transmetteurs sont des inconnus dont on ne connaît ni la probité ni la rigueur.” »
Il a ajouté : « L’Imâm Aḥmad a déclaré : “Le ḥadith selon lequel Rukâna aurait répudié son épouse par al-batta n’est pas établi.” »
Et il a encore précisé (2) : « Le ḥadith de Rukâna relatif à al-batta ne vaut rien, car Ibn Isḥâq le rapporte de Dâwûd ibn al-Ḥuṣayn, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs : Rukâna a prononcé un triple divorce contre son épouse, et les habitants de Médine appellent celui qui prononce trois répudiations : ṭallaqa al-batta (divorcer de façon définitive). »
Si l’on objecte : « Abû Dâwûd a pourtant affirmé que le ḥadith de al-batta est plus authentique que celui d’Ibn Jurayj qui rapporte que Rukâna a divorcé trois fois de son épouse, parce que les narrateurs — membres de sa propre famille, donc mieux informés — ont transmis le ḥadith de al-batta »,
notre Shaykh répond : « Abû Dâwûd n’a préféré le ḥadith de al-batta à celui d’Ibn Jurayj que parce qu’il a rapporté ce dernier par une chaîne comportant un maillon inconnu. Il a en effet déclaré : “Aḥmad ibn Ṣâliḥ nous a rapporté ; ʿAbd al-Razzâq nous a rapporté d’Ibn Jurayj, qui m’a informé par l’un des descendants d’Abû Râfiʿ, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs : ʿAbd Yazîd — le père de Rukâna — et ses frères ont répudié Umm Rukâna trois fois…” » Et Abû Dâwûd n’a pas rapporté la version qu’Aḥmad a consignée dans son Musnad.