– Notre shaykh a dit : « La véritable nature de l’ighlâq consiste à ce que le cœur de l’homme se ferme ; il ne vise alors plus sa parole, ou bien il n’en a même pas conscience : son intention et sa volonté se trouvent verrouillées. »
– Je dis : Abû al-ʿAbbâs al-Mubarrad a déclaré : « Al-ghalq désigne l’oppression de la poitrine et le manque de patience, au point que l’on ne découvre plus aucune issue. »
– Notre shaykh a ajouté : « Relèvent donc de cette catégorie le divorce prononcé sous la contrainte, par l’aliéné, par celui qui a perdu ses facultés sous l’effet de l’ivresse ou de la colère, bref, par quiconque n’a ni intention ni connaissance de ce qu’il prononce… » [Zâd al-Maʿâd 5/214-215].
– Il a dit encore : « L’imâm Aḥmad a explicitement expliqué le terme ighlâq, dans la parole du Prophète ﷺ : “Il n’y a pas de divorce sous ighlâq”, comme désignant la colère ; plusieurs imams l’ont ainsi compris, tandis que d’autres l’ont interprété comme la contrainte ou la folie.
– Et notre shaykh de conclure : “Le terme englobe toutes ces situations ; c’est bien une fermeture, car l’intention de celui qui parle s’est verrouillée : son cœur ne s’est pas ouvert au sens de ses propres paroles.” » [Madârij as-sâlikîn 1/231].
1073 – Le divorce du coléreux :
– Ibn al-Qayyim rapporte : « Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya – qu’Allah sanctifie son âme – a réparti la colère en trois degrés :
- Un degré qui fait disparaître la raison, comme l’ivresse ; dans ce cas, le divorce n’a assurément aucun effet.
- Un degré initial qui ne l’empêche pas de concevoir ce qu’il dit ni de le vouloir ; dans ce cas, le divorce est valide.
- Un degré qui se fait très intense sans toutefois faire perdre la raison, mais qui ôte toute pondération