Chapitre des conditions dans le mariage
987 – Les conditions sur lesquelles les deux époux se sont accordés avant la conclusion du contrat :
988 – Si elle stipule que, dans le cas où il épouserait une autre femme, elle pourrait prononcer son propre divorce ;
989 – Si elle stipule qu’il ne devra pas la faire voyager ;
Ibn Muflih a dit : « Si cette clause est insérée dans l’acte – ainsi l’a-t-il affirmé dans Al-Muḥarrar –, et, ajoute son petit-fils, ou si les deux parties en ont convenu auparavant, tel est l’avis apparent de l’école (1). C’est également dans ce sens que se place la réponse de l’imâm Aḥmad – qu’Allah lui fasse miséricorde – dans les questions de ḥiyal (stratagèmes juridiques) ; car l’ordre de respecter les conditions, les contrats et les engagements les englobe tous indistinctement : qu’il ne la fasse pas sortir de sa demeure, ou…"}
(1) Dans Tashīḥ al-Furūʿ, al-Mardāwī affirme que ce qu’il avait exposé dans al-Muḥarrar, il l’a confirmé dans al-Ra‘īyatayn, al-Ḥāwī al-Ṣaghīr, al-Nuẓm, Tadhkirat Ibn ‘Abdūs et d’autres ouvrages. Le Qāḍī a formulé la même opinion dans un passage de son écrit. Quant au shaykh Taqī al-Dīn, al-Zarkashī le cite en ces termes : « C’est l’exposé manifeste que l’on trouve chez al-Khurqī, Abū al-Khiṭāb, Abū Muḥammad et d’autres. » Le shaykh Taqī al-Dīn ajoute : « C’est la doctrine claire, explicitement soutenue par Ahmad, partagée par les premiers de ses adeptes et confirmée par les savants postérieurs. » J’observe que c’est la position correcte. Selon le shaykh Taqī al-Dīn, cette approche répond à la réserve d’Ahmad concernant les stratagèmes juridiques (ḥiyal), car l’injonction de respecter les conditions, contrats et engagements couvre ces cas de manière uniforme. Il note aussi : « Le Qāḍī et d’autres formulent la même idée, comme l’ancien juriste lorsqu’il dit : “si on l’a stipulé dans le contrat”. Ils entendent peut-être par là la précaution vis-à-vis de ce qui est stipulé après la conclusion du contrat, comme le suggère le propos d’Ahmad. » Le shaykh Taqī al-Dīn a ainsi rapporté, pour cette question, l’opinion du Qāḍī et d’autres telle qu’il l’a trouvée dans al-Muḥarrar, opinion à laquelle l’auteur original n’avait pas eu accès, d’où son attribution à l’auteur d’al-Muḥarrar.