un nāwūs (temple du feu) pour des Mages ? » Il répondit : « Ne leur bâtis rien et ne les assiste pas dans ce qu’ils pratiquent. »
Muḥammad ibn ʿAbd al-Ḥakam rapporte : « J’interrogeai Abū ʿAbd Allāh au sujet d’un musulman qui, moyennant salaire, creuse une tombe pour des dhimmîs ; il répondit : “Il n’y a là aucun mal.” »
Il ne s’agit pas d’une divergence de versions, précise notre Shaykh : la différence vient de ce que le nāwūs est une pratique propre à leur religion vaine et équivaut, à cet égard, à une église, tandis que la tombe ordinaire, en elle-même, n’implique aucune désobéissance ni aucun rite particulier à leur culte.
Isḥāq ibn Manṣūr rapporte encore : « On demanda à Abū ʿAbd Allāh : “Un homme peut-il se louer à un Magien ?” — Il répondit : “Non.” » …
Ibn al-Qayyim poursuit : « En résumé, son école (1) considère que le fait, pour un musulman, de louer sa personne à un dhimmî se divise en trois catégories :
- La location pour un travail déterminé incombant au contractant ; celle-ci est licite.
- La location pour des services domestiques ; à ce sujet, deux versions authentiques sont rapportées, la plus solide étant l’interdiction.
- La location de sa personne pour autre chose que le service domestique ; celle-ci est permise. ʿAlî (que Dieu l’agrée) avait ainsi loué ses services à un Juif pour remonter chaque seau d’eau contre une datte, et le Prophète ﷺ mangea de ces dattes.
Tout cela s’entend lorsque la prestation n’implique aucune exaltation de leur religion ni de leurs emblèmes ; si, au contraire, elle suppose une telle exaltation, elle n’est pas permise, comme Aḥmad l’a explicitement déclaré dans la version rapportée par Isḥāq ibn Ibrāhīm