Chapitre de la musâqât et de la muzâraʿa
758 – Conformité de la musâqât et de la muzâraʿa au qiyâs :
Ibn al-Qayyim a dit : « … Ceux qui ont soutenu que la muḍârabah, la musâqât et la muzâraʿa sont contraires au qiyâs ont pensé que ces contrats relevaient de l’ijârah, puisqu’il s’agit d’un travail rémunéré. Or, dans l’ijârah, la connaissance du prix et de la prestation est une condition. Voyant que, dans ces contrats, l’activité et le bénéfice ne sont pas déterminés, ils les ont déclarés contraires au qiyâs. C’est là leur erreur, car ces contrats appartiennent à la catégorie des partenariats (mushârakât) et non à celle des échanges purs (muʿâwaḍât) (1), où l’on exige de connaître les deux contreparties. Les partenariats constituent une catégorie distincte des échanges purs, quoiqu’ils comportent une part d’échange ; de même, la muqâsama relève d’un genre différent de l’échange pur, bien qu’elle en partage certains traits, si bien que quelques juristes l’ont assimilée à une vente devant satisfaire aux conditions particulières de la vente.
Pour éclaircir cela, l’activité entreprise en vue d’un gain financier se divise en trois catégories :
- Lorsque l’activité visée est déterminée, voulue en elle-même et que son exécution est possible, on est face à une ijârah ferme, contraignante.
- Lorsque l’activité est recherchée, mais demeure indéterminée ou entachée d’aléa, il s’agit d’une juʿâlah, un contrat licite mais non contraignant. Ainsi, si quelqu’un dit : « Quiconque ramène mon esclave fugitif recevra cent pièces », il se peut qu’on parvienne ou non à le ramener, et qu’on le retrouve près ou loin ; c’est pourquoi ce contrat n’a pas de caractère contraignant.