Chapitre : Le droit d’option pour vice caché
645 – La conformité du hadith de la muṣarrāh au qiyâs :
Ibn al-Qayyim a dit : « Parmi les textes que l’on prétend contraires au raisonnement analogique figure le hadith de la muṣarrāh (1). On affirme qu’il s’écarte du qiyâs à plusieurs titres :
– Il permet la restitution de la vente sans qu’aucun vice n’ait été constaté ni qu’il y ait la moindre différence dans la description de la marchandise ;
– “Le profit suit la responsabilité” : or le lait produit chez l’acheteur ne lui est pas imputable, alors que le hadith le lui fait garantir ;
– Le lait appartient aux biens fongibles, pourtant il impose de le compenser par autre chose qui n’en est pas l’équivalent ;
– Lorsque l’on quitte l’obligation de rendre l’objet même, on passe en principe à son évaluation monétaire ; or les dattes n’offrent ni équivalent de nature ni valeur comparable au lait ;
– Un bien garanti doit l’être proportionnellement à sa quantité, qu’elle soit faible ou abondante, alors qu’ici l’indemnité a été fixée à un sâʿ.
Les partisans du hadith rétorquent : « Tout ce que vous avez avancé est erroné. Le hadith concorde avec les principes et les règles de la Sharîʿa ; s’il y contrevenait, il constituerait de lui-même un fondement, tout comme d’autres textes sont, à eux seuls, des fondements. Les bases de la Sharîʿa ne se heurtent pas les unes aux autres, de même que le Messager d’Allah ﷺ a interdit de confronter des passages du Livre d’Allah entre eux. Il faut au contraire les suivre toutes et maintenir chacune à sa place… »