Livre de la purification
Chapitre des eaux
1 – Se purifier avec une substance enivrante
Ibn Mufliḥ déclare : « L’imâm Aḥmad a un texte explicite : il n’est pas permis de pratiquer l’effort d’interprétation (ijtihâd) pour rendre licite ce qui enivre ; que dire alors du fait de s’en servir pour la purification ! » – telle est la parole de notre maître. [Al-Furūʿ, 1/72 (1/56)].
2 – Le terme ṭahûr relève-t-il des noms transitifs ou intransitifs ?
Ibn ʿAbd al-Hâdî, à propos de cette question, rapporte : « Notre shaykh — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : L’examen exact conduit à dire que le mot ṭahûr, ici, n’est pas le dérivé de ṭâhir qui lui ferait partager, selon les grammairiens, le caractère transitif ou intransitif — comme l’on dit ḍârib/ḍarûb, âkil/akûl, nâ’im/na’ûm — ; il appartient plutôt à la catégorie des noms d’instruments avec lesquels on accomplit l’action (1).
En effet, ils disent : ṭahûr, wajûr, saʿûṭ, ladûd, faṭûr et saḥûr, avec la voyelle fatha, pour désigner ce par quoi l’on se purifie, se gargarise, se traite, rompt le jeûne ou prend le repas de l’aube.
Et ils disent : ṭuhûr, wujûr, suʿûṭ, ludûd, fuṭûr et suḥûr, avec la voyelle ḍamma, pour le nom verbal qui renvoie à l’acte même.
Ils distinguent donc, par la ḍamma et la fatha, entre le nom de l’action et celui de ce avec quoi elle est accomplie ; et cela