mieux que quiconque parmi ces égarés ; et son cousin al-Ḥasan b. al-Ḥasan, le doyen de la Famille, désapprouvait lui aussi que l’on se rende expressément à la tombe lorsque l’on ne vise pas la mosquée ; il considérait qu’un tel comportement revenait à en faire un ʿîd (lieu de fête).
Notre maître a dit : « Observe donc comment cette sunna a été rapportée par les habitants de Médine et par les membres de la Famille du Prophète, détenteurs à la fois d’un lien de parenté et de voisinage avec le Messager d’Allah ﷺ. Ils en avaient plus besoin que quiconque et l’ont donc préservée avec encore plus de rigueur. » [Ighâthat al-Lahfân 1/302-303] (1).
540 – Se mettre en route spécialement pour visiter la tombe du Prophète ﷺ :
– Ibn ʿAbd al-Hādî — après un propos préalable — a déclaré : « … Considère les paroles de cet objecteur (2) : elles reviennent à rejeter une transmission authentique pour lui préférer une opinion corrompue. Confronte-les ensuite à ce qu’il rapporte au sujet de Shaykh al-Islâm : une calomnie énorme, un mensonge manifeste, une affabulation flagrante. Il prétend en effet que Shaykh al-Islâm aurait déclaré, de façon catégorique et par consensus, que la visite de la tombe du Prophète ﷺ — et, plus largement, des tombes de tous les autres prophètes (que la paix soit sur eux) — constitue un péché.
Voilà ce que cet objecteur relate au nom de certains juges shaféites : que le shaykh aurait tenu ces propos. Or, nul esprit lucide — parmi ses disciples comme parmi les autres — ne peut douter qu’il s’agit là d’un pur mensonge forgé. Jamais il ne l’a dit ; on n’en trouve nulle trace dans ses écrits, et rien dans ses paroles ne va en ce sens. Au contraire, l’ensemble de ses ouvrages, de ses rites du pèlerinage, de ses fatwas, de ses propos et de ses actes démontre l’inanité de cette attribution. Toute personne dotée du moindre savoir et de la moindre clairvoyance sait avec certitude que cette accusation est inventée de toutes pièces et que le shaykh ne l’a jamais prononcée.
Allah — Très-Haut — a d’ailleurs dit : « Ô vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-la, de peur que vous ne portiez atteinte à des gens…»