369 – Les pleurs pour le défunt :
– Ibn al-Qayyim rapporte : « Dans les Mérites d’al-Fudayl b. ʿIyâḍ, on lit qu’il se mit à rire le jour où mourut son fils ʿAlî. On l’interrogea : “Pourquoi ris-tu ?” Il répondit : “Allah – exalté soit-Il – a décrété un décret ; j’ai donc voulu agréer Son décret.”
Or, la voie suivie par l’Envoyé d’Allah ﷺ est plus parfaite et plus noble ; il a su réunir l’agrément (riḍâ) du décret de son Seigneur à la miséricorde pour l’enfant. Lorsque Saʿd b. ʿUbâda lui demanda : “Qu’est-ce donc, ô Messager d’Allah ?”, il dit : « C’est de la miséricorde ; Allah ne fait miséricorde, parmi Ses serviteurs, qu’aux miséricordieux. »
Al-Fudayl, lui, n’a pas réussi à concilier ces deux attitudes ; son cœur ne s’est pas assez élargi pour joindre l’agrément du décret divin aux pleurs de compassion pour l’enfant. Tel est l’éclaircissement donné par notre maître Ibn Taymiyya, et je l’ai personnellement entendu de lui. » ⦗Tuḥfat al-mawdûd, 96⦘
– Il dit encore : « L’un des hommes de connaissance, le jour où son fils mourut, se mit à rire. On lui dit : “Tu ris dans pareille situation ?” Il répondit : “Allah a décrété un décret ; j’ai donc voulu agréer Son décret.”
Cette attitude déconcerta plusieurs savants, qui dirent : “Comment se fait-il que le Messager d’Allah ﷺ ait pleuré à la mort de son fils Ibrâhîm, alors qu’il est la créature la plus agréée auprès d’Allah, tandis que l’agrément de ce gnostique l’amène jusqu’à rire ?”
J’ai entendu Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya répondre : “La voie de notre Prophète ﷺ était plus parfaite que celle de ce gnostique ; il a rendu à la servitude son droit, si bien que son cœur s’est élargi à la fois pour l’agrément envers Allah et pour la miséricorde et la tendresse envers l’enfant. Il loua donc Allah, se montra satisfait de Son décret et versa des larmes de miséricorde et de compassion ; la tendresse le poussa à pleurer, tandis que son état de serviteur et son amour pour Allah le portèrent à l’agrément.”»