ou doit-on le boycotter, ou bien la visite ne devient-elle obligatoire qu’au cas où il se repentirait ? Faut-il s’abstenir de tout sauf du salâm, ou encore l’abandon du salâm constitue-t-il un farḍ kifâya, tandis qu’il n’est que réprouvé pour les autres ? Les avis sont multiples. S’agissant de l’interdiction de saluer un innovateur qui n’est pas hostile, deux versions sont rapportées ; et le fait de ne pas lui rendre visite relève du hajr (boycott). Son texte explicite dit : « On ne rend pas visite à l’innovateur. » Dans Al-Nawâdir, il a même déclaré la visite illicite. Selon une autre version : « On ne rend pas visite au dâʿiya » (celui qui propage son innovation). Notre shaykh, quant à lui, subordonne la question à la présence d’un intérêt légitime (maṣlaḥa). ⦗Al-Furûʿ 2/183-185 (3/263-264)⦘ (1).
339 – La plainte du malade :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre shaykh a expliqué que les actes du cœur – tels que la confiance (tawakkul) et autres – sont obligatoires selon l’accord des imâms, et que la patience est, elle aussi, unanimement obligatoire. Il a ajouté : la patience n’est pas contredite par la plainte. Il a précisé : la “belle patience” (ṣabr jamîl) est celle qui ne comporte aucune plainte adressée aux créatures, tandis que la plainte adressée au Créateur ne la contredit pas. Son intention est même que cette plainte à Allah est demandée, comme il l’a mentionné ailleurs.⦘ ⦗Al-Furûʿ 2/177-178 (3/256)⦘.
– Il a également dit : « Le shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya a rapporté, comme d’autres, que la patience est obligatoire. Il a affirmé : la patience n’est pas contredite par la plainte. Et il a dit dans “Mas’alat al-ʿubûdiyya” : la belle patience est celle qui ne comporte aucune plainte adressée aux créatures. Il a ensuite cité d’Ahmad qu’il avait cessé de gémir après qu’on lui eut rapporté la désapprobation de Ṭâwûs, puis il a ajouté : quant à la plainte adressée au Créateur, elle ne contredit pas la belle patience.⦘ ⦗Al-Âdâb ash-Sharʿiyya 2/278⦘ (2).