319 – La sunna précédant la prière du vendredi :
– Ibn al-Qayyim a dit : « Certains se sont appuyés sur le hadith rapporté par Ibn Mâja dans ses Sunan, d’après Abû Hurayra et Jâbir : Sulaik al-Ghaṭafânî arriva tandis que le Messager d’Allah ﷺ prononçait le sermon. Le Prophète lui demanda : “As-tu accompli deux rakʿa avant d’arriver ?” – “Non”, répondit-il. Alors le Prophète dit : “Accomplis deux rakʿa et allège-les.” » La chaîne de transmission en est fiable.
Abû al-Barakât Ibn Taymiyya a commenté : « L’expression “avant que tu n’arrives” indique (1) que ces deux rakʿa constituent la sunna du vendredi et non la taḥiyyat al-masjid (la prière de salutation de la mosquée). »
Notre shaykh – son petit-fils Abû al-‘Abbâs – a répondu : « C’est une erreur. Le hadith authentique figurant dans les deux Ṣaḥîḥ, d’après Jâbir, relate qu’un homme entra un vendredi alors que le Messager d’Allah ﷺ prononçait le sermon. Le Prophète lui demanda : “As-tu prié ?” – “Non”, répondit-il. Il dit : “Accomplis deux rakʿa.” Il ajouta : “Lorsque l’un de vous arrive le vendredi tandis que l’imâm prononce le sermon, qu’il accomplisse deux rakʿa et qu’il les écourte.” Telle est la version authentiquement conservée de ce hadith, alors que les versions particulières rapportées par Ibn Mâja sont le plus souvent défectueuses. » Tel est, en substance, son propos. ⦗Zâd al-Maʿâd 1/434-435⦘.
– Ibn Muflih a dit : « Il n’y a pas de sunna avant la prière du vendredi ; tel est l’avis explicite d’Aḥmad ⦗W : M⦘. Notre shaykh précise qu’il s’agit également de la position d’al-Shâfiʿî et de la plupart de ses disciples, et qu’elle est partagée par la grande majorité des imâms. Car, bien qu’elle tienne lieu d’une ẓuhr abrégée (2), elle s’en distingue par plusieurs règles. De même, pour le voyageur, délaisser la prière sunna est préférable parce que sa ẓuhr est écourtée ; sinon, le fait de prier quatre rakʿa serait meilleur. Cela n’est donc pas réprouvé, mais on ne la pratique régulièrement qu’en raison d’un intérêt spécifique ; c’est ainsi qu’il convient d’entendre les propos d’Aḥmad. »