298 – Le fait d’accomplir la prière complète en voyage
– Ibn al-Qayyim a dit : « Quant au hadith attribué à ʿÂʾisha selon lequel le Prophète ﷺ, lors de ses déplacements, aurait tantôt raccourci (qasr) la prière et tantôt l’aurait accomplie en entier, rompant parfois le jeûne et d’autres fois le gardant, il n’est pas authentique. J’ai entendu Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya déclarer : “C’est un mensonge imputé au Messager d’Allah ﷺ.” Fin de citation.
Il a également été rapporté sous la forme : “Il (le Prophète) raccourcissait et elle (ʿÂʾisha) complétait”, le premier verbe étant conjugué avec le yâʾ final (troisième personne masculine) et le second avec le tâʾ (troisième personne féminine), de même : “il rompait le jeûne et elle jeûnait”, c’est-à-dire qu’elle choisissait l’opinion la plus stricte dans les deux situations.
Notre shaykh Ibn Taymiyya a dit : « Ceci est faux ; jamais la Mère des Croyants n’aurait contredit le Messager d’Allah ﷺ et l’ensemble de ses Compagnons en priant différemment d’eux. D’ailleurs, il est authentiquement rapporté qu’elle a déclaré : “Allah a prescrit la prière en deux rakʿas, deux rakʿas ; puis, lorsque le Messager d’Allah ﷺ émigra à Médine, la prière des résidents fut augmentée tandis que la prière du voyage resta inchangée.” Comment imaginer, dès lors, qu’elle aurait prié différemment du Prophète ﷺ et des musulmans qui l’accompagnaient ? » [Zâd al-Maʿâd 1/464-465].
– Il dit encore : « J’ai entendu Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya affirmer : “Ce hadith est une invention attribuée à ʿÂʾisha. Jamais ʿÂʾisha n’aurait prié autrement que le Messager d’Allah ﷺ et le reste des Compagnons, les voyant raccourcir la prière tandis qu’elle l’accomplirait complète, seule, sans raison valable. Comment l’imaginer alors qu’elle-même a dit : ‘La prière fut d’abord prescrite en deux rakʿas, deux rakʿas ; puis, la prière des sédentaires fut augmentée et la prière du voyage maintenue telle quelle.’ Comment croire qu’elle ajouterait à ce qu’Allah a prescrit et qu’elle contredirait le Messager d’Allah ﷺ et ses Compagnons ?” » [Zâd al-Maʿâd 1/472] (1).