Chapitre : L’aveu formulé en termes ambigus
1619 – S’il déclare : « Je lui dois cent dirhams, sauf un dînâr » :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Dans sa formulation(1) : “Si quelqu’un dit : ‘Je lui dois cent dirhams sauf un dînâr’, et que nous validons l’exception, l’interprétation de la valeur du dînâr revient à l’auteur de l’aveu selon Abû al-Khaṭṭâb.
D’autres estiment qu’il faut se référer au cours du dînâr dans le pays ; s’il n’en existe pas, on revient alors à son explication.”
La justification du premier avis – que retiennent le Mustawʿab et la Khulâṣa, et qu’il place au premier rang dans la Riʿâya – est que le dînâr est ici une donnée indéterminée ; l’on confie donc son évaluation à l’auteur de l’aveu, car lui seul connaît réellement son intention, comme pour tout élément resté obscur.
Selon cette approche, si l’intéressé fixe une valeur supérieure à la moitié, on ne l’accepte pas ; s’il la fixe en-deçà, on l’accepte ; quant à la moitié exacte, deux opinions sont rapportées. Tel est, en substance, l’avis de ceux qui suivent cette voie.
La seconde approche soutient que, lorsqu’un dînâr possède un cours monétaire, il s’agit d’une valeur déterminée et l’on présume qu’il vise ce montant ; on s’y réfère donc ; à défaut de cours, on revient à son explication.
Shaykh Taqî ad-Dîn a précisé : « Le premier avis est celui des mâlikites et des shâfiʿites. Ils disent : On demande à l’auteur de l’exception : “Précise la valeur de l’esclave et du vêtement que tu as exclus.” Ce faisant, il reconnaît ce qu’il reconnaît ; si leur valeur absorbe la totalité du millier, le millier lui incombe, comme lorsqu’on excepte mille sur mille ; sinon, l’exception demeure valable. »
Les shâfiʿites ajoutent : « Il convient que la valeur reste proportionnée au vêtement, afin qu’il ne paraisse pas se rétracter par regret. »
Ils poursuivent : « Cela concerne le cas où l’on exclut un élément indéterminé d’un élément déterminé : la valeur du vêtement est inconnue, alors que le millier est connu. À l’inverse, s’il dit : “Il lui doit le millier, sauf deux dirhams”, on interprète le millier et l’on revient… »