Et la sanction ne se limite pas à l’emprisonnement ; elle s’exprime plus clairement encore par la flagellation. Il est d’ailleurs établi de lui ﷺ qu’il a dit : « Le délai abusif accordé par le riche est une injustice », or l’injuste mérite d’être châtié, aussi bien selon la Loi révélée que par le décret divin.
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Les savants s’accordent tous à reconnaître que la taʿzîr – châtiment discrétionnaire – est légitime pour toute désobéissance qui ne relève pas d’une peine légale fixée (ḥadd). Elle concerne deux cas : l’abandon d’une obligation ou la commission d’un interdit.
Ainsi, quiconque délaisse une obligation alors qu’il a la capacité de s’en acquitter – régler ses dettes, restituer les dépôts confiés, les biens des orphelins, les fondations pieuses, les deniers publics, rendre les biens usurpés ou injustement détenus – est puni jusqu’à s’en acquitter. De même, celui qui doit présenter une personne afin qu’un droit soit appliqué à son encontre, tel le brigand qui se réfugie auprès de quelqu’un qui le protège et le défend, sera sanctionné jusqu’à ce qu’il la livre.
Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ, d’après ʿAlî ibn Abî Tâlib, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Qu’Allah maudisse celui qui commet un méfait ou qui offre asile à son auteur. »
Abû Dâwûd rapporte dans ses Sunan, d’après Ibn ʿUmar, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Quiconque plaide sciemment pour une cause injuste demeure sous la colère d’Allah jusqu’à ce qu’il se rétracte ; celui dont l’intercession fait obstacle à l’application d’une peine prescrite par Allah s’oppose à Allah dans Son commandement ; et quiconque impute à un musulman ce qui n’est pas en lui sera maintenu dans la boue nauséabonde de l’Enfer jusqu’à ce qu’il retire son accusation. »
Il poursuit : « Dès lors, pour toute personne ou tout bien qui doit être présenté, celui qui refuse de le faire mérite la sanction. En revanche, si l’on exige sa présentation au profit d’un oppresseur, ou celle d’un bien qu’il s’apprêterait à saisir sans droit, cela n’est pas obligatoire, bien plus : c’est illicite, car aider l’injustice est, en soi, une injustice. » [Al-Ṭuruq al-ḥukmiyya, 79-81]