5 — Livre du pèlerinage
Le pèlerinage est obligatoire pour toute personne libre, pubère, saine d’esprit et physiquement apte, dès lors qu’elle dispose des provisions et d’une monture nécessaires, en sus de son logement, de ses besoins indispensables et de l’entretien de sa famille jusqu’à son retour, et que le trajet est sûr.
Pour la femme, il faut également qu’un parent avec lequel le mariage lui est définitivement interdit l’accompagne dans son pèlerinage, ou qu’elle voyage avec son époux. Il ne lui est pas permis d’accomplir le pèlerinage sans l’un d’eux lorsque trois jours et trois nuits de voyage la séparent de La Mecque. Si l’enfant atteint la puberté après être entré en état de sacralisation, ou si l’esclave est affranchi, puis qu’ils poursuivent ainsi leurs rites, ce pèlerinage ne les dispense pas du pèlerinage obligatoire de l’islam.
Chapitre de la détermination des lieux d’entrée en état de sacralisation
Les lieux d’entrée en état de sacralisation qu’il n’est pas permis de dépasser sans être en état de sacralisation sont : Dhû al-Hulayfa pour les habitants de Médine, Dhât ʿIrq pour ceux d’Irak, al-Juhfa pour ceux du Shâm, Qarn al-Manâzil pour ceux du Najd et Yalamlam pour ceux du Yémen. Il est toutefois permis d’entrer en état de sacralisation avant d’atteindre ces lieux.
Celui dont le domicile se situe en deçà de ces lieux entre en état de sacralisation depuis le territoire non sacré (ḥill). Quant à celui qui se trouve à La Mecque, son lieu d’entrée en état de sacralisation est, pour le pèlerinage, le territoire sacré (ḥaram) et, pour la ʿumra, le territoire non sacré (ḥill).
Lorsqu’il veut entrer en état de sacralisation, il accomplit les grandes ablutions ou les petites — les grandes ablutions étant préférables —, revêt deux pièces d’étoffe, neuves ou lavées, l’une autour de la taille et l’autre sur les épaules, se parfume s’il possède du parfum, accomplit deux unités de prière et dit : « Ô Allah, je désire accomplir le pèlerinage : facilite-le-moi et accepte-le de ma part. »
Puis il prononce la talbiya immédiatement après sa prière.
S’il accomplit uniquement le pèlerinage, il formule, par sa talbiya, l’intention de l’accomplir. La talbiya consiste à dire : « Me voici à Ton service, ô Allah, me voici ! Me voici, Tu n’as aucun associé, me voici ! À Toi reviennent assurément la louange, le bienfait et la souveraineté. Tu n’as aucun associé. » Il ne convient d’omettre aucun de ces mots ; il est toutefois permis d’en ajouter.
Dès qu’il prononce la talbiya, il entre en état de sacralisation. Qu’il se garde alors de ce qu’Allah a interdit : les rapports et propos obscènes, la transgression et les disputes. Il ne tue aucun gibier, ne le signale à personne ni n’indique où il se trouve. Il ne porte ni tunique, ni pantalon, ni turban, ni calotte, ni robe de dessus, ni bottines, à moins de ne pas trouver de sandales ; dans ce cas, il les coupe au-dessous des chevilles. Il ne se couvre ni la tête ni