mutiler les corps, ni tuer une femme, un vieillard décrépit, un enfant, un aveugle ou un infirme, à moins que l’un d’eux ne participe à la conduite de la guerre par ses avis, ou que la femme ne soit reine. Ils ne doivent pas non plus tuer une personne privée de raison.
Si l’imam estime opportun de conclure une trêve avec l’ennemi, ou une partie de celui-ci, et que cela sert l’intérêt des musulmans, il n’y a aucun mal à le faire. S’il conclut avec eux une trêve pour une durée déterminée, puis juge plus avantageux de la rompre, il les informe de sa dénonciation avant de les combattre.
S’ils sont les premiers à trahir, il les combat sans leur adresser de préavis, dès lors que cette trahison résulte d’un accord entre eux.
Si leurs esclaves rejoignent le camp musulman, ils deviennent libres.
Il n’y a aucun mal à ce que les soldats nourrissent leurs montures en territoire ennemi et mangent les aliments qu’ils y trouvent. Ils peuvent utiliser le bois de chauffage, s’oindre d’huile et combattre avec les armes qu’ils trouvent, sans partage préalable. Il ne leur est toutefois permis ni d’en vendre quoi que ce soit ni de se l’approprier comme bien personnel.
Quiconque parmi eux embrasse l’islam met ainsi à l’abri sa propre personne, ses enfants en bas âge, ainsi que tout bien qui se trouve en sa possession ou qu’il a confié en dépôt à un musulman ou à un non-musulman sous protection musulmane. Si nous prenons ensuite le contrôle de ce territoire, ses biens immobiliers, son épouse, l’enfant qu’elle porte et ses enfants relèvent du butin.
Il ne convient ni de vendre des armes aux gens du territoire ennemi ni de leur en expédier. Selon Abû Hanîfa, les captifs ennemis ne doivent pas servir à racheter les prisonniers musulmans. Abû Yûsuf et Muhammad ont toutefois dit : « Ils peuvent servir à racheter les prisonniers musulmans. » Il n’est pas permis non plus de les libérer sans contrepartie.
Lorsque l’imam conquiert un pays par la force, il a le choix : soit il le partage entre les combattants ayant droit au butin, soit il y maintient ses habitants et leur impose l’impôt foncier. Il a également le choix concernant les captifs : il peut les mettre à mort, les réduire en esclavage ou les laisser libres sous la protection des musulmans.
Il ne lui est pas permis de les renvoyer en territoire ennemi.
Lorsque les musulmans veulent repartir avec du bétail, mais ne peuvent le transporter jusqu’au territoire musulman, ils l’égorgent puis le brûlent. Ils ne doivent ni lui couper les jarrets ni l’abandonner.
Le butin ne doit pas être partagé en territoire ennemi : il faut attendre de l’avoir transporté en territoire musulman. Au sein de l’armée, les auxiliaires et les combattants ont droit à une part égale.