52 — Livre des règles de la guerre
Le jihad est une obligation collective : lorsqu’un groupe de personnes s’en acquitte, les autres en sont déchargés ; si personne ne s’en acquitte, tous commettent un péché en le délaissant.
Combattre les mécréants est obligatoire, même s’ils ne nous attaquent pas les premiers. Le jihad n’incombe toutefois ni à l’enfant, ni à l’esclave, ni à la femme, ni à l’aveugle, ni à l’infirme, ni à l’amputé.
Cependant, si l’ennemi envahit une contrée, il devient obligatoire pour tous les musulmans de le repousser. La femme part alors sans l’autorisation de son époux, et l’esclave sans celle de son maître.
Lorsque les musulmans pénètrent en territoire ennemi et assiègent une ville ou une forteresse, ils appellent ses habitants à l’islam. Si ceux-ci répondent favorablement, ils cessent de les combattre. S’ils refusent, ils les invitent à acquitter la capitation. S’ils acceptent de la verser, ils jouissent des mêmes droits que les musulmans et sont soumis aux mêmes obligations qu’eux.
Il n’est pas permis de combattre ceux auxquels l’appel à l’islam n’est pas parvenu avant de les y avoir appelés. Il est recommandé de renouveler cet appel auprès de ceux auxquels il est déjà parvenu, sans que cela soit obligatoire. S’ils refusent, les musulmans sollicitent contre eux l’aide d’Allah, le Très-Haut, puis les combattent. Ils dressent contre eux des catapultes, emploient le feu et l’eau contre eux, coupent leurs arbres et ravagent leurs cultures. Il n’y a pas de mal à leur lancer des projectiles, même si un musulman prisonnier ou commerçant se trouve parmi eux. S’ils se servent d’enfants musulmans ou de captifs comme boucliers, les musulmans ne cessent pas pour autant de tirer, mais visent les mécréants.
Il n’y a pas de mal à emmener des femmes et des exemplaires du Coran avec les musulmans lorsqu’il s’agit d’une grande armée dont la sécurité paraît assurée. Il est en revanche réprouvé de les emmener avec un détachement dont la sécurité n’est pas garantie.
Une femme ne doit combattre qu’avec l’autorisation de son époux, et un esclave qu’avec celle de son maître, sauf si l’ennemi lance une attaque.
Il convient aux musulmans de ne commettre ni trahison ni détournement du butin, et de ne pas