51 — Livre de la contrainte
La contrainte produit ses effets juridiques lorsqu’elle émane d’une personne capable de mettre à exécution ce dont elle menace autrui, qu’il s’agisse d’un détenteur de l’autorité ou d’un brigand.
Lorsqu’un homme est contraint de vendre son bien, d’acheter une marchandise, de reconnaître devoir mille à quelqu’un ou de donner sa maison en location — sous la menace d’être tué, sévèrement battu ou longuement emprisonné —, puis vend ou achète, il dispose d’un choix : il peut valider la vente ou l’annuler.
S’il reçoit le prix de son plein gré, il a validé la vente. S’il le reçoit sous la contrainte, cela ne vaut pas validation et il doit le restituer s’il se trouve encore en sa possession. Si le bien vendu périt entre les mains de l’acheteur, alors que celui-ci n’était pas sous contrainte, l’acheteur doit en verser la valeur. La personne contrainte peut toutefois, si elle le souhaite, en tenir l’auteur de la contrainte pour responsable.
Quiconque est contraint de manger la chair d’une bête morte ou de boire du vin, mais ne subit pour cela qu’un emprisonnement, des coups ou des entraves, n’est pas autorisé à le faire, à moins que la contrainte ne lui fasse craindre pour sa vie ou pour l’un de ses membres. Lorsque tel est le cas, il lui est permis de faire ce à quoi il est contraint et il ne lui est pas permis de s’exposer patiemment à l’exécution de la menace. S’il persiste néanmoins jusqu’à ce qu’ils la mettent à exécution contre lui, sans consommer ce qui lui a été imposé, il commet un péché.
S’il est contraint de commettre un acte de mécréance envers Allah — exalté soit-Il — ou d’insulter le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve —, la mise aux fers, l’emprisonnement ou les coups ne constituent pas une contrainte juridiquement reconnue, à moins qu’il ne soit soumis à une menace qui lui fasse craindre pour sa vie ou pour l’un de ses membres.
Lorsque tel est le cas, il lui est permis de manifester extérieurement ce qu’ils lui ordonnent, tout en usant d’une formulation équivoque. S’il le manifeste alors que son cœur demeure serein dans la foi, il ne commet aucun péché. Mais s’il endure jusqu’à être tué sans