45 — Livre du sacrifice rituel
Le sacrifice rituel est obligatoire, le jour de l’Aïd al-Adha, pour tout musulman libre, résident et disposant de ressources suffisantes, tant pour lui-même que pour ses enfants mineurs. Il sacrifie un mouton pour chacun d’eux, ou un chameau ou une vache pour sept personnes. Le pauvre et le voyageur ne sont pas tenus d’accomplir ce sacrifice.
Le temps du sacrifice commence à l’aube du Jour du Sacrifice. Toutefois, les habitants des villes ne peuvent procéder à l’abattage avant que l’imam ait accompli la prière de l’Aïd. Quant aux habitants des campagnes, ils peuvent sacrifier dès l’aube.
Le sacrifice peut être accompli durant trois jours : le Jour du Sacrifice et les deux jours suivants.
On ne sacrifie ni une bête aveugle, ni une bête borgne, ni une bête boiteuse incapable de se rendre au lieu de l’abattage, ni une bête extrêmement maigre. Une bête à laquelle l’oreille ou la queue a été coupée n’est pas valable, pas plus que celle qui a perdu la majeure partie de son oreille. Toutefois, si la majeure partie de l’oreille et de la queue subsiste, le sacrifice est valable.
Il est permis de sacrifier une bête sans cornes, castrée, galeuse ou atteinte d’un trouble assimilé à la folie.
Le sacrifice doit porter sur des camélidés, des bovins, des ovins ou des caprins. Pour toutes ces espèces, seule une bête ayant atteint au moins l’âge de la dentition adulte est valable, à l’exception des ovins, pour lesquels un agneau de six mois révolus suffit.
On mange de la viande du sacrifice, on en donne aux riches et aux pauvres, et on peut en conserver. Il est recommandé que la part donnée en aumône ne soit pas inférieure au tiers. La peau est donnée en aumône ou transformée en un objet destiné à l’usage domestique.
Il est préférable que l’homme égorge lui-même sa bête s’il maîtrise l’abattage. Il est réprouvé de confier cet abattage à une personne des Gens du Livre.
Si deux hommes se trompent et que chacun égorge la bête destinée au sacrifice de l’autre, le sacrifice est valable pour tous deux et aucun d’eux ne doit d’indemnisation.