44 — Livre de la chasse et de l’abattage rituel
Il est permis de chasser avec un chien dressé, un guépard, un autour ou tout autre auxiliaire de chasse dressé.
Le dressage du chien consiste à ce qu’il s’abstienne de manger du gibier à trois reprises. Celui de l’autour consiste à ce qu’il revienne lorsqu’on l’appelle.
Si le chasseur lâche son chien dressé, son autour ou son faucon, en prononçant le nom d’Allah, Très-Haut, au moment de le lâcher, puis que l’animal saisit le gibier, le blesse et que celui-ci en meurt, il est permis de le manger. Si le chien en mange, le gibier ne peut être mangé ; si l’autour en mange, il peut l’être. Si celui qui a lâché l’animal rejoint le gibier encore vivant, il doit l’abattre rituellement. S’il s’en abstient jusqu’à ce qu’il meure, il ne peut être mangé. Il en va de même si le chien l’étouffe sans le blesser.
Si un chien non dressé, le chien d’un zoroastrien ou un chien sur lequel le nom d’Allah, Très-Haut, n’a pas été prononcé participe à la prise avec le sien, le gibier ne peut être mangé.
Lorsqu’un homme décoche une flèche sur un gibier en prononçant le nom d’Allah au moment du tir, il peut manger l’animal atteint si la flèche l’a blessé et qu’il en est mort. S’il le rejoint encore vivant, il doit l’abattre rituellement ; s’il s’en abstient jusqu’à ce qu’il meure, il ne peut le manger. Si la flèche atteint le gibier, que celui-ci poursuit sa course jusqu’à disparaître à sa vue et que le chasseur ne cesse de le rechercher jusqu’à le retrouver mort, il peut le manger. En revanche, s’il interrompt ses recherches puis le retrouve mort, il ne peut le manger. Si le gibier atteint tombe dans l’eau et y meurt, il ne peut être mangé.
Il en va de même s’il tombe sur une terrasse ou une montagne, puis chute de là jusqu’au sol. En revanche, s’il tombe directement sur le sol, il peut être mangé.
Le gibier frappé par le travers d’un trait sans pointe ni empennage ne peut être mangé ; si ce trait le blesse, il peut l’être. L’animal atteint par une bille de tir et qui en meurt ne peut être mangé.
Si le tir sectionne un membre du gibier, le reste de l’animal peut être mangé, mais non le membre détaché. S’il le partage en trois parties et que la plus grande se trouve du côté de la croupe, le tout peut être mangé. Si la plus grande partie se trouve du côté de la tête, seule celle-ci peut être mangée, à l’exclusion de la plus petite. Le gibier pris par un zoroastrien, un apostat ou un idolâtre ne peut être mangé.
Si quelqu’un tire sur un gibier et l’atteint sans le blesser gravement ni lui ôter sa capacité de fuir, puis qu’un autre tire sur lui et le tue, le gibier appartient au second et peut être mangé.