43 — Livre des boissons
Les boissons interdites sont au nombre de quatre : le vin, c’est-à-dire le jus de raisin lorsqu’il entre en fermentation, devient capiteux et rejette de l’écume ; le jus de raisin cuit dont moins des deux tiers se sont évaporés ; la macération de dattes ; et celle de raisins secs, lorsque ces deux dernières deviennent capiteuses.
En revanche, les boissons de dattes ou de raisins secs sont licites dès lors que chacune a subi ne serait-ce qu’une légère cuisson, même si elle devient capiteuse, à condition de n’en boire qu’une quantité dont on estime très probable qu’elle n’enivrera pas, sans le faire par divertissement ni par recherche d’exaltation. Il n’y a pas de mal non plus à mélanger les deux. Les macérations à base de miel, de figues, de blé, d’orge ou de sorgho sont licites même sans cuisson.
Le jus de raisin cuit jusqu’à ce que les deux tiers s’en soient évaporés et qu’il n’en reste qu’un tiers est licite, même s’il devient capiteux. Il n’y a pas de mal à préparer ces macérations dans des récipients faits de gourdes sèches, des jarres de terre cuite, des récipients enduits de poix ou des troncs de palmier évidés.
Lorsque le vin se transforme en vinaigre, il devient licite, qu’il se soit transformé spontanément ou sous l’effet d’une substance qu’on y a ajoutée. Il n’est pas réprouvé de le convertir volontairement en vinaigre.