Chapitre de la qasâma (procédure de serments collectifs)
Lorsqu’une personne est trouvée tuée dans un quartier sans que l’on sache qui l’a tuée, cinquante hommes parmi ses habitants, choisis par l’ayant droit de la victime, doivent jurer : « Par Allah, nous ne l’avons pas tuée et nous ne savons pas qui l’a tuée. » Après leur serment, les habitants du quartier sont condamnés au paiement de l’indemnité de sang. L’ayant droit, quant à lui, n’est pas invité à prêter serment, et nul n’est déclaré coupable du crime en sa faveur. Si les hommes du quartier ne sont pas au nombre de cinquante, ils prêtent plusieurs serments jusqu’à ce que cinquante serments aient été prononcés.
Ne participent pas à la qasâma l’enfant, le fou, la femme ni l’esclave. Si une personne est trouvée morte sans aucune trace de blessure, il n’y a ni qasâma ni indemnité de sang. Il en va de même si le sang s’écoule de son nez, de son anus ou de sa bouche. En revanche, s’il sort de ses yeux ou de l’une de ses oreilles, elle est considérée comme ayant été tuée.
Si la victime est trouvée sur une monture conduite par un homme, l’indemnité de sang incombe à la ʿâqila de celui-ci — le groupe de solidarité tenu à son paiement — et non aux habitants du quartier. Si elle est trouvée dans la maison d’une personne, la qasâma incombe au propriétaire et l’indemnité de sang à sa ʿâqila.
Selon Abû Hanîfa, les simples résidents ne participent pas à la qasâma aux côtés des propriétaires. Celle-ci incombe aux détenteurs des lots fonciers initialement attribués par l’imam, à l’exclusion des acquéreurs ultérieurs, même s’il ne reste qu’un seul de ces détenteurs.
Si la victime est trouvée dans un bateau, la qasâma incombe aux passagers et aux marins qui s’y trouvent. Si elle est trouvée dans la mosquée d’un quartier, elle incombe aux habitants de celui-ci. Si elle est trouvée dans la grande mosquée ou sur la voie publique principale, il n’y a pas de qasâma et l’indemnité de sang est à la charge du Trésor public.
Si elle est trouvée dans une région inhabitée, sans aucune habitation à proximité, aucune réparation n’est due. Si elle est trouvée entre deux villages, la responsabilité incombe au plus proche. Si elle est trouvée au milieu de l’Euphrate, emportée par le courant, aucune réparation n’est due. Mais si le corps est retenu contre la rive, la responsabilité incombe au village le plus proche de cet