bien établie, elle s’en tient au nombre de jours correspondant à son habitude ; tout ce qui excède cette durée relève de l’istiḥâda. Si l’istiḥâda survient dès la puberté, dix jours de chaque mois lui sont comptés comme menstrues, et le reste comme istiḥâda.
La femme atteinte d’istiḥâda, la personne souffrant d’incontinence urinaire, de saignements de nez continus ou d’une plaie qui ne cesse de saigner renouvellent leurs ablutions à chaque temps de prière. Elles peuvent alors accomplir, durant ce temps et avec ces mêmes ablutions, autant de prières obligatoires et surérogatoires qu’elles le souhaitent. À l’expiration de ce temps, leurs ablutions sont invalidées et elles doivent les renouveler pour une autre prière.
Le nifâs (lochies) désigne le sang qui s’écoule à la suite de l’accouchement. Le sang que voit la femme enceinte, ainsi que celui qu’elle voit pendant l’accouchement avant la sortie de l’enfant, relève de l’istiḥâda.
La durée minimale des lochies n’a pas de limite, tandis que leur durée maximale est de quarante jours. Tout saignement qui se prolonge au-delà relève de l’istiḥâda. Si le sang dépasse quarante jours et que cette femme a déjà accouché auparavant, avec une durée habituelle de lochies, elle s’en tient au nombre de jours correspondant à son habitude. Si elle n’a pas de durée habituelle, sa première période de lochies est fixée à quarante jours.
Lorsqu’une femme met au monde deux enfants issus d’une même grossesse, ses lochies correspondent, selon Abû Ḥanîfa et Abû Yûsuf, au sang qui s’écoule après la naissance du premier enfant. Muḥammad et Zufar estiment, quant à eux, qu’elles correspondent au sang qui s’écoule après la naissance du second.